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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 09:38

Naissance, ascendance, famille et petite histoire d'un Viginet ... né en mer

La découverte, aux archives départementales de la Seine, à Paris, d'un acte de naissance (n°963) concernant un Viginet a attiré mon attention, voici le texte et plus loin nous décou­vrirons aussi son ascendance :

« Du vingt-huit avril mil huit cent soixante quatorze, deux heures et quart. Transcription d'un acte de naissance dressé pendant un voyage de mer. Du rôle d'équipage du steamer de commerce, le Fénelon, commandé par Monsieur Le Boncher et armé au Havre a été extrait ce qui suit : cejour­d'hui le sept du mois d'octobre, mil huit cent soixante treize à six heures du matin étant à trente neuf degrés, trente minutes de latitude et cent vingt-trois degrés de longitude est, par devant nous Pierre Constantin Le Boncher, capitaine au long cours commandant le dit steamer, âgé de trente-­quatre ans et dernier domicile avant son embarquement au Havre, arrondissement du Havre, département de la Seine-­Inférieure, remplissant à bord les fonctions de l'officier de l'état civil, en vertu de l'article 59 (…)  titre 2, chapitre 2 du code Napoléon est comparu Monsieur Viginet Jean Auguste âgé de quarante et un ans, domicilié avant son embarque­ment à Paris, arrondissement du quatrième, département de la Seine, lequel nous a présenté, un enfant du sexe masculin, né à bord, aujourd'hui sept octobre, à six heures du matin, de lui déclarant, et de Marie Madeleine Winterer, son épouse, âgée de vingt-cinq ans, professeur de musique, auquel il a déclaré vouloir donner les nom de Marcelin Paul Louis. Les dites déclaration et présentation faites en présence de Monsieur Puinard François Jean Baptiste Théodore, capitai­ne au long cours remplissant à bord les fonctions de deuxiè­me capitaine et de Vindard Michel Auguste, capitaine au long cours remplissant à bord les fonctions de lieutenant. En foi de quoi nous avons dressé à la suite du rôle d'équipage du dit batiment le présent acte de naissance qui a été signé après lecture par nous et par les capitaines témoins, à bord les jour, mois et an que dessus. Signé Puinard, Vindard, Le Boncher, suivant les législations.

La présente transcription a été faite par nous officier de l'état civil, sur un extrait du rôle d'équipage annexé au pré­sent registre sous le n° (963) neuf cent soixante trois et nous avons signé. »

Quel était ce bateau ? Le Répertoire général de la Marine marchande, Bureau Véritas, édition de 1873, donne pour le Fénelon : trois-mâts français, construit à Honfleur en 1864, port d'armement Le Havre, armateur Quesnel & Cie, certai­nement, quelques années plus tard, transformé en bateau à vapeur (steamer) (rôles de bord aux archives départemen­tales du Havre en microfilms).

Les places disponibles pour le transport des insurgés n'étant pas suffisantes, sur les bateaux de l'État, certains bateaux de commerce furent réquisitionnés dont le Fénelon.

On apprend, en consultant certains livres comme :

Journal d'un déporté à l'île des Pins, Joannès Caton, France­ Empire, 1986 et Déportés et forçats de la Commune de Belleville à Nouméa, Roger Perennes, Ouest-Éditions (épui­sé), les données suivantes sur le transport dans ce bateau:

« Sur les 142 enfants embarqués, on n'eut à déplorer que 9 décès pendant le voyage. Des 235 personnes devant rejoindre des déportés et des transportés 35 furent dirigés sur la presqu'île de Ducos, 97 embarquèrent à l'île des Pins et 103 restèrent à Nouméa ou sur la Grande Terre.

Des passagers civils font partie du voyage, des fonction­naires, des femmes et des enfants. Ces derniers s'adaptent mal à la nourriture du bord lard salé, conserves et biscuits). Aux escales on s'approvisionne en légumes et viandes fraîches. »

Le premier voyage s'est fait en 88 jours (arrivée le 22 octobre 1873), certainement naissance de Marcelin Paul Louis lors de ce trajet.

Dans le livre Lettres retenues ... , Virginie Buisson, Le Cherche Midi éditeur, paru en 2001, des détails sont fournis sur le transport de Paris vers Le Havre :

« Les bagages doivent être mis, le 12 juillet, au chemin de fer de l'Ouest, pour être envoyé au Havre en petite vitesse.

Le train part de la gare Saint-Lazare à 10 h 50 mn du soir le 18 de ce mois. »

Des recherches plus approfondies aux archives d'Outre ­Mer à Aix-en- Provence et à Nouméa donnent les résultats qui suivent:

Marcelin Paul Louis (Georges) VIGINET, né en mer à bord du Fénelon le 8 octobre 1873 et décédé à Ducos (Nouvelle-Calédonie) le 9 janvier 1874, à l'âge de trois mois.

Une sœur de Marcelin Paul Louis était du voyage, Marguerite Marie Madeleine VIGINET, née à Paris le 2 janvier 1872 et décédée à Nouméa le 24 mars 1874, à l'âge de 2 ans et 2 mois, à 23 heures, le lieu de décès est au domicile des sœurs de Saint-Joseph de Cluny à Nouméa. (Les reli­gieuses de l'ordre de Saint-Joseph de Cluny accompagnaient le voyage des « bagnardes » sur les navires. L'ancien orpheli­nat est devenu l'École des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny.)

Lors de la naissance de cette dernière, à Paris, le 2 janvier 1872 à 14 heures, les parents habitent 10, rue du Champ-de-­Mars, le père est capitaine retraité et la mère est dite sans pro­fession.

Sur l'acte de mariage, Belfort (Haut-Rhin à l'époque, maintenant Territoire-de-Belfort) le 15 juin 1871, on trouve:

Jean Auguste VIGINET, né à Veyre-Monton (Puy-de-­Dôme) le 18 juin 1832, âgé de 39 ans, ancien officier d'infan­terie, domicilié à Lyon [fils de feu Jean VIGINET, décédé à Veyre-Monton, le 13 janvier 1846 et de feue Marie CAVAT, décédée à Veyre-Monton, le 24 août 1841].

Marie Madeleine WINTERER, née à Belfort le 5 novembre 1847, âgée de 23 ans, sans profession, domiciliée à Belfort [fille de feu Marcelin, décédé à Belfort, le 29 octobre 1860 et de feue Madelaine HARNISCH, décédée à Belfort, le 18 septembre 1850].

Marie Madeleine devait décéder à Nouméa peu de temps après son arrivée, le 13 novembre 1873, à 1 h 30 mn du soir, le mari est absent d'après l'acte de décès. Jean Auguste est, lors du décès, magasinier du service local (certainement à la prison).

Les conditions de transport et l'hygiène à bord du bateau, lors du voyage, furent certainement fatales à ces deux enfants et à leur mère.

Douze ans plus tard, concierge comptable de la prison civile, il se remarie à Nouméa le 20 août 1885, à 16 heures, avec Marie Annette WIERTH, veuve de Gilles Laureston RIVIÈRE (décédé à Salazie (Réunion) le 3 septembre 1884), née à Saint-André (Réunion) le 16 novembre 1853 [père Joseph, mère Marie Augustine VINCENT] de ce couple:

- Victor Jean Jacques VIGINET, né à Nouméa le 23 juin 1886, à 8 heures et décédé à Nouméa le 25 juillet 1886, à 13 heures.

À cette époque, le père, Jean Auguste est gardien comp­table de la prison civile.

- Marie Augustine VIGINET, née à Païta (Nouvelle­-Calédonie) qui épousera à Koumac (Nouvelle-Calédonie) le 15 novembre 1906 Antonin Marius DUCROS, exploitant minier, né à Montpellier (Hérault) le 6 septembre 1870 d'où Louis Paul né à Hienghène (Nouvelle-Calédonie), reconnu lors du mariage des parents.

La date du décès de Jean Auguste n'est pas encore connue. Actuellement, à notre connaissance, plus de Viginet en Nouvelle-Calédonie.

A suivre, les recherches continuent sur le Fénelon ... 

Le petit Viginet, n°1, septembre 2003

 

 

 

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Jean-Pierre Vigineix - dans Ascendance
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