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14 mars 2007 3 14 /03 /mars /2007 12:07

1917

Le 324e revoyait la région de Verdun. Le 21 janvier, il prenait position dans les quartiers de Moulainville et Chena. Porté le 31 janvier à l'effectif de 16 compagnies par l'adjonction d'un bataillon provenant de la dissolution du 362e, il étendit son front le 1er mars et occupa en plus le quartier de Châtillon. A la date du 21 mars, le 324e devint garnison de la sous-zône des Blusses, puis, relevé dans la nuit du 3 au 4 mai, il gagna la région de Condé-sur-Aire,  assignée comme zône de concentration à la 72e Division.

Là, cette division fut constituée sur le type de 9 bataillons et comprit les 164e, 324e et 365e Régiments. L'Etat-Major de la 143e Brigade (Colonel BATAILLE) devint l'Etat-Major de l'infan­terie divisionnaire et celui de la 144e Brigade, à la tête duquel le Colonel ANCEL avait remplacé le 18 décembre 1916 le Colonel CLEDAT DE LA VIGERIE, fut dissous.

La 72e Division mise à la disposition de la 4e Armée (Général ANTHOINE) et passée au 17e Corps (Général DUMAS) arriva dans la région de Mourmelon le 8 mai et dès lors fut placée en réserve d'Armée.

Le 12, elle montait en ligne avec une mission offensive : il s'agissait d'enlever à l'ennemi toute vue, même précaire, sur le revers méridional du massif de Moronvilliers et nous assurer la libre disposition des observatoires du même massif.

COMBATS DU MONT-HAUT

L'attaque eut lieu le 20 mai, le 324e tenait le col de la Fosse Froide. Entre le 164e à gauche qui s'empara sur le Mont-Haut de la Cage à Poules, et le 117e à droite (Division voisine) dont l'objectif était le Bois du Casque, il veilla à l'intégrité du front et assura, par des détachements qui accompagnaient les troupes d'assaut, les liaisons latérales. Le soir, 121 prisonniers, parmi lesquels 2 officiers d'infanterie, 1 d'artillerie et 1 médecin fu­rent dénombrés au poste de Commandement du Lieutenant-Colo­nel BUREAU. La Division avait fait un total d'environ 700 pri­sonniers dont 15 officiers. Elle avait atteint ses objectifs.

Que de faits seraient à citer dans cette attaque. Le jeune soldat DEROUAULT et le caporal ORAIN attaquent à coups de fu­sil et de grenades un groupe ennemi qui cherche à résister et le dispersent : ils sautent les premiers dans la tranchée ennemie et contraignent un groupe important d'Allemands à se rendre. Le sergent JOUIN Emmanuel tient sous la menace d'un pistolet lance-fusées plusieurs ennemis qui font immédiatement « Kame­rad ! ». Enfin, on voit, debout sur la tranchée, jumelles en main, le Lieutenant GAUTHIER, commandant la C.-M. 5, aidé du Sous­-Lieutenant ANCELOT comme tireur, diriger le tir d'une mitrail­leuse sur des vagues de renfort ennemies avec une précision telle que celles-ci ne peuvent progresser.

La 17e Compagnie, qui avait assuré de façon particulièrement brillante la liaison avec le bataillon du 164e qui attaquait la Cage à Poules, fut citée à l'ordre 158 de la 72e Division avec le motif suivant :

« La 17e Compagnie du 324e R.I., sous le Commandement du Sous-Lieutenant OLIVIER, a coopéré avec le plus grand succès à l'attaque de positions, ennemies très fortifiées. Au cours de sa marche en avant, a nettoyé à la grenade des abris encore occupés et fait environ 80 prisonniers. A assuré une liaison étroite avec le bataillon d'attaque. S'est maintenue intégrale­ment sur ses nouvelles positions, malgré de lourdes pertes, et sous un bombardement d'une violence extrême de jour et de nuit ».

Signé : FERRADINI.

Mais l'ennemi réagissait bientôt vigoureusement. Le secteur du Casque, violemment bombardé, fut attaqué à fond le 27 mai au matin. L'attaque fut si brutale que les tranchées conquises le 20 mai dûrent être abandonnées : mais, ce ne fut qu'un court instant. Une magnifique contre-attaque menée par le 4e Batail­lon, appuyant le régiment voisin, rétablissait la ligne telle qu'elle existait au matin. Le Boche n'avait gagné à son attaque que des pertes cruelles. 

Sans se lasser, il recommençait le 31. Mais, cette fois, son effort se porta sur le Mont-Haut. Trois bataillons, dont un « Sturmtruppe » se lancèrent à l'assaut, à 6 heures du matin, après 36 heures d'une préparation d'artillerie formidable. Lé­gèrement ébranlé par l'attaque furibonde, le front de la 72e D.I. était promptement rétabli. A 8 heures, en effet, le 6e Bataillon du 324e, appuyé par le 5e en soutien, contre-attaquait en liaison avec le 164e R.I. et infligeait à l'ennemi des pertes considéra­bles. A 9 h 10, le front était intact.

Le Lieutenant AUJARD, à la tête d'un peloton de la 23e Cie, se lance à la contre-attaque d'un assaillant plusieurs fois supérieur en nombre, avec une audace et une vigueur telles qu'il l'arrête sur place, et, en arrivant au corps à corps, le fait refluer en dé­sordre vers ses lignes de départ. Il tombe blessé d'un coup de pistolet à la cuisse. Mais à ce moment le Capitaine OUTARDEL, à la tête de sa section de réserve de la 22e Compagnie, prend l'ennemi de flanc et, dans un élan magnifique, le met en dé­route.

On vit également le Lieutenant GASSIS, de la C.M. 6 s'avancer audacieusement avec deux mitrailleuses, se mettre en batterie avec une rapidité inouïe, et, prenant d'enfilade, sous un feu meurtrier, la ligne ennemie, la contraindre à un recul précipité.

A la suite de ces combats, la 72e Division reçut de vives féli­citations du Général commandant l'Armée et, dans un ordre du jour, le Général FERRADINI pouvait écrire à ses troupes : 

« Le 20 mai, vous avez été admirables d'élan ! Aujourd'hui, vous vous êtes surpassés par une ténacité indomptable. Les 3 régiments se sont prêté un mutuel appui. Comme dans le passé, le Pays peut compter sur vous dans l'avenir. Partout où il nous appellera, nous serons ses fils glorieux de la Mar­ne, de la Champagne ».

Le même ordre du jour n° 3, de l'infanterie divisionnaire, disait :

« Pendant l'attaque du 20 mai, pendant les dures journées qui ont suivi, les 164e, 324e et 365e ont montré un élan, un courage, une ténacité qui ont fait l'admiration de tous ».

Après ces durs combats, le 324e fut prévenu qu'il serait relevé dans la nuit du 5 au 6 juin. Des évènements imprévus empêchè­rent cette dernière relève d'avoir lieu ; en ligne depuis le 12 mai, après avoir mené une offensive magnifique et résisté victorieusement à deux contre-attaques formidables, le régiment ne quittait la Fosse Froide que le 8 juin.

Mais l'ordre n° 2248 du Général FERRADlNI, commandant la 72e D.I. venait le récompenser de son magnifique effort :

« Mont-Haut, le 6 juin 1917 :

« Vous avez vaincu l'ennemi, c'est déjà bien. Mais il fallait da­vantage. Malgré votre, extrême fatigue, il fallait tenir encore sur les importantes positions conquises.

Quand vous avez su pourquoi on demandait à votre vaillance ce nouvel effort, vous vous êtes raidis dans un sursaut magni­fique et vous avez répondu d'une voix unanime : « C'est compris. On tiendra tant qu'il faudra. Fatigués, on ne l'est plus ».

« Ce geste, seules, des troupes d'élites étaient capables de le faire. Bravo, les gars du 324e ! Bravo, les dignes officiers qui êtes à leur tête ! »

Après un repos d'un mois dans la région de Brienne, la 72e Division, repassant au 30e Corps, revint dans la région des Monts.

COMBAT DU TETON

Le 9 juillet, le 324e était en ligne dans les quartiers des Cascons et du Casque. Le 14, il attaquait sur le Téton dans le but de désorganiser les préparatifs offensifs de l'ennemi en devan­çant son attaque, en s'emparant d'une partie de ses tranchées de départ.

Le 4e Bataillon ayant éprouvé de grosses pertes du fait du tir de contre-préparation ennemie, il fallut le renforcer et remonter l'attaque sous le bombardement. Malgré ces difficultés, à l'heure dite, 19 h 45, les vagues des 22e, 13e, 15e et 19e compagnies s'élancèrent. A 19 h 48, elles sautaient dans les tranchées adverses dont elles s'emparèrent.

Le Capitaine OUTARDEL fut encore à l'honneur, et entraîna sa compagnie avec toute la fougue qui le caractérisait. Griève­ment blessé à l'épaule, il n'abandonna la ligne de feu qu'une fois sa mission remplie.  

Le 15 juillet, l'ennemi contre-attaquait en pure perte. Et c'est ce jour-là que le Lieutenant BECKER qui lançait la grenade à plus de 60 mètres, seul avec deux hommes qui le ravitaillaient en projectiles, tint en échec toute une ligne de grenadiers enne­mis et la força à reculer. De son côté, le Sous-Lieutenant COTINEAU, n'ayant plus au­tour de lui que quelques blessés, tue à bout portant plusieurs ennemis qui l'entourent et continue seul le combat jusqu'au mo­ment où il tombe mortellement frappé. Enfin, le soldat GUÉRIN, de la 17e Compagnie, dirigea un feu de F.-M. tellement précis sur les vagues d'assaut ennemies que celles-ci refluèrent en désordre dans leurs tranchées, dès les premières rafales.

Dans la nuit du 16 au 17 juillet, le régiment était relevé.

A l'occasion de cette attaque, le Général FAYOLLE, commandant le Groupe d'Armées du Centre, le Général GOURAUD, com­mandant la 4e Armée, le Général CHRÉTIEN, Commandant le 30e Corps, adressèrent leurs félicitations à la 72e Division.

Mis au repos au camp de Châlons, le 324e remonta en lignes le 17 août à la Main de Massiges où la 72e Division prenait un secteur.

Il occupa d'abord le sous-secteur de Beauséjour, puis celui de Courtine, où le 1er septembre, il s'empara de 8 prisonniers au cours d'un coup de main heureux.

Le 14 septembre, il revint avec sa division dans la région des Monts et tint les quartiers de la Cage à Poules et du Casque du 24 septembre au 3 novembre. Apres un mois de repos. Il termina l'année dans les quartiers Désert et Cratère qui constituaient le secteur Brouette aux environs de Ville-sur-Tourbe. Il y arriva le 3 décembre sous les ordres du Lieutenant-Colonel de BERCEROL DU MOULIN qui avait remplacé le Lieutenant-Colonel BUREAU le 3 octobre.

1918

Le 31 janvier, la Division étant mise au repos pour un mois, le 324e quitta le secteur Brouette pour la région de Suippes, dans les quartiers Jacques et Sablesse (sous-secteur de la Rose). Il demeura jusqu'au 27 mars dans ce secteur réputé dangereux pour les gaz. Le 12 mars, le Lieutenant-Colonel PELACOT rem­plaça à la tête du régiment le Lieutenant-Colonel DE BERGEROL DU MOULIN.

Le 27 mars, retournant au repos, la division revient dans la région de Suippes. Les 13 et 14 avril, quittant la Champagne pour les environs de Compiègne, et étant affectée au 2e Corps (Général PHILIPOT), elle passait en réserve de la 3e Armée (Général HUMBERT), le 324e, dans la zône de Montmartin, la Garenne, Marquéglise. Employé à des travaux divers, le régiment se familiarisa avec les chars d'assaut, dont l'emploi commençait à devenir intensif.

Le 5 mai, il montait en ligne dans le sous-secteur de Ville, avec un front de 1 800 mètres et se mettait immédiatement au travail pour donner aux positions la force défensive qu'elles n'avaient pas eu le temps d'acquérir depuis les derniers com­bats de fin mars et commencement avril.

Le 2 juin, le 365e étant retiré du front, le 324e prit son sec­teur et occupa la Bernarderie, à gauche de Ville. Ce sous-sec­teur avait une organisation des plus précaires ; pas de ligne de soutien, les groupes de combat n'étaient point entourés de dé­fenses, les communications avec l'arrière étaient pour ainsi dire inexistantes. Le front du régiment atteignit 3 600 mètres.

Depuis l'attaque allemande du 27 mai sur l'Aisne, le 324e multipliait les coups de main et les patrouilles pour renseigner le commandement. Le 4 juin, devant les menaces d'attaque de l'ennemi, l'ordre arriva de ne laisser sur la rive nord de la Divette que de faibles éléments de couverture, la défense devant être concentrée au sud du ruisseau ; pour donner le change, les démonstrations continuèrent contre les lignes adverses, te­nues constamment sous la menace d'une attaque.

COMBATS DE VILLE ET DE LA BERNARDERIE

Le 8 juin, à 23 h 50, après un calme anormal de l'artillerie et de l'infanterie allemandes, qui donne à penser que l'offen­sive est proche, un véritable ouragan de fer, de fumée et de gaz toxiques s'abat sur le sous-secteur. Les tranchées, les villages de Ville et de la Bernarderie, les Carrières sont écrasées par des projectiles de 150, de 210 et de 305. Toutes les liai­sons sont coupées. Les pigeons eux-mêmes ne peuvent servir à rien, se refusant à voler dans l'atmosphère de fumée épaisse qui remplit la vallée de la Divette.

Le 9 juin, à 3 h 20, l'attaque se déclanche sur la rive nord, défendue tant bien que mal par les quelques hommes qui ont échappé aux tirs de destruction. Une heure après, l'ennemi borde la Divette, mais le rôle des éléments de couverture a été largement rempli.           .

A 6 h 30, une tentative ennemie pour franchir le ruisseau est arrêtée net. Mais, le régiment à gauche du 324e, semble refuser sa droite. A 9 h 10, la liaison est perdue avec ses unités qui se replient, et, l'ennemi, profitant de leur recul, pénètre dans le bois des Ornières. Le 4e Bataillon du 324e, qui tient la Bernar­derie est obligé, devant la menace, de rabattre sa compagnie, d'aile en crochet défensif à 11 heures. En même temps, l'ennemi passe la Divette et cherche à tourner la droite du régiment.

A 12 h 15, la situation est rétablie : deux compagnies du 6e Bataillon ont rejeté l'ennemi hors du bois des Ornières. Il n'a pu se maintenir au sud de la Divette.

Mais l'ennemi progresse à l'ouest du secteur. Il est signalé dans le bois des Ormeaux et, à 17 heures, renforcé, il pénètre de nouveau dans le bois des Ornières. A 19 h 30, il l'occupe en totalité et la situation est grave, le 6e Bataillon ayant été enlevé au régiment et chargé d'une mission spéciale.

A 23 h 45, la situation est de nouveau rétablie. Avec l'aide de deux compagnies du 164e, le 4e Bataillon a repris le bois des Ornières et occupé nord et ouest du bois des Ormeaux.

La nuit est calme. La journée s'ouvre par un télégramme de félicitations du Général commandant la 3e Armée à la 72e Divi­sion dont la belle résistance a permis de maintenir intact le front est de l'Armée.

Dans la matinée, l'ennemi est signalé dans le bois des Ours, menaçant ainsi la ligne de repli du régiment. Mais un mes­sage de la Division enjoint de tenir quand même et le régiment tient.

Progressant sous le couvert des bois, l'ennemi atteint Hamel à 14 h 30. Deux heures après, le régiment reçoit l'ordre de repli.

Seul, le 6e Bataillon peut atteindre la seconde position. Le Lieutenant-Colonel et sa liaison, accueillis au pont de Ribécourt par des coups de mitrailleuses, doivent passer le Canal et l'Oise, vers Pimprez sur des radeaux établis par le Génie. Le débit de ces radeaux étant insuffisant, le 5e Bataillon qui les emploie, doit franchir en grande partie l'Oise et le canal sur des radeaux de fortune établis avec des matériaux trouvés sur place (plan­ches, portes, caillebotis). Certains éléments, engageant le com­bat aux avancées de Ribécourt et longeant l'Oise, réussissent à se faire jour. Seul, le 4e Bataillon engagé à fond, ne peut reve­nir. Il a d'abord reçu l'ordre de tenir coûte que coûte, puis de ne reculer que pas à pas : c'est sur sa résistance que repose le passage de l'Oise. Il le sait et, stoïquement, avec son admira­ble chef, le Commandant PROVOST, il se dévoue.

Le régiment se rassembla à Janville. Il avait perdu 20 offi­ciers et 1 148 hommes de troupe. Mais il pouvait être fier de son oeuvre ; les objectifs donnés aux troupes allemandes de l'attaque frontale pour le premier jour étaient les Carrières. 40 heures après le début de son attaque, l'ennemi était encore à la Divette.

La belle conduite du régiment lui valut, de la part du Général MORIER, qui, le 1er mai 1918 avait pris le Commandement de l'infanterie divisionnaire en remplacement du Colonel BATAILLE, une proposition de citation à l'ordre de l'armée avec le motif suivant :

« Superbe régiment, qui a donné, à maintes reprises, des preuves éclatantes de ses belles qualités de ténacité et d'abné­gation.

« A Verdun en février, à Blaches en juillet 1916, en Champagne sur les Monts en 1917, où il a tenu sous un bombardement intense et dans des conditions particulièrement pénibles et jusqu'à l'extrême limite de ses forces, et mérité par sa belle endurance, les éloges du Haut Commandement.

« Les 9 et 10 juin, devant Noyon, le 324e R.I., sous les ordres du Lieutenant-Colonel DE PELACOT, a tenu pendant 40 heu­res, sous un ouragan de fer et d'obus toxiques, le terrain qui était confié à sa garde. Ses hommes, le masque à la figure, n'ont cessé de repousser les attaques de l'infanterie ennemie par leurs feux ou leurs contre-attaques répétées. Dans la soirée du 10, le 324e, entouré de tous côtés, ne s'est replié que sur un ordre et grâce à sa splendide énergie, est parvenu à se frayer un chemin ».

Le Général Commandant l'I.D. 72.

Signé : MORIER.

Cette proposition de citation fut transmise avec les avis suivants :

Du Général FERRADINI, commandant la 72e Division : Très favorable.

« En contre-attaquant continuellement, ce régiment a maintenu toutes ses positions et pris a son compte le combat sur son flanc gauche découvert par le retrait de ses voisins. »

Du Général PHILIPOT, commandant le 2e Corps d'Armée : Favorable.

Du Général HUMBERT, commandant l'Armée :

« La 72e Division avait maintenu l'intégrité de tout son front, grâce à la vaillance du 164e et du 324e régiments d'infanterie.

« L'effondrement de la 53e Division, seul, a imposé une retrai­te qui s'est effectuée dans les conditions les plus critiques, en passant l'Oise par des moyens de fortune. Cette opération n'a pu réussir que grâce à la valeur de ces régiments. »

Malheureusement, pour le 324e, il ne remonta pas en ligne. Des raisons impérieuses, devant la situation des effectifs, obligèrent le Haut Commandement à supprimer un certain nom­bre de régiments. Or, le 324e, après son sublime sacrifice, était réduit à l'état de squelette : il était impossible de le re­constituer. Sa dissolution fut donc prononcée et, le 9 juillet, il passait ce qui lui restait de cadres et d'hommes aux 164e et 365e.

Si la dissolution du régiment l'empêcha d'être cité à l'ordre de l'armée et termina sa carrière de gloire, il a le droit d'être fier de ses exploits. Les témoignages du Haut Commandement sont là pour affirmer son héroïsme et son esprit de sacrifice.

Et, quoique dissous avant la mémorable contre-offensive qui devait faire tourner la faveur des armes, il peut hautement revendiquer la gloire d'avoir, pour une large part, par sa résis­tance, son énergie et sa magnifique endurance, contribué à la victoire finale.

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Jean-Pierre Vigineix - dans Guerre 1914-1918
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