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27 mars 2007 2 27 /03 /mars /2007 08:32

Remboursement d'une obligation par Gilbert VIGINEIX et François Tixier

Acte passé devant Me Jacques Géraud, notaire à Saint-Amant-­Tallende (Puy-de-Dôme), le 8 décembre 1847 (Archives départe­mentales du Puy-de-Dôme).

Devant Me Jacques Géraud et son collègue, notaires à Saint-Amant­-Tallende soussignés.

Fut présente

Mme Marie Henriette Thealier, veuve de M. Jean Baptiste Barthé­lemy Mathieu de Laforce, propriétaire, demeurant en la ville de Cler­mont-Ferrand, place Saint-Herim.

« Agissant tant en son nom personnel que faisant et se portant fort pour 1° Mme Caroline Radegonde de Laforce, épouse de M. de Bon­nefond, propriétaire, demeurant en cette ville de Clermont-Ferrand. 2° Mme Joséphine Catherine de Laforce, épouse de M. de La Mazières, habitant la commune de La Mazières (Corrèze). 3° Mme Louise de Laforce épouse de M. de Lahaye, habitant à Céray (Lot). 4° Et enfin par M. Edmond de Laforce, propriétaire à Beaulieu (Cantal), tous quatre ses enfants, héritiers de M. de Laforce, leur père. »

Laquelle, par ces présentes, a reconnu et déclare avoir reçu ce jour­d'hui en bonnes espèces livrées à la vue des notaires.

De 1° Gilbert VIGINElX ou VIRGINEIX époux de Madelaine Servier ; et 2° François Tixier dit Ciry, propriétaire cultivateur, demeu­rant le premier au lieu de Saignes, et le second au lieu de Mareuges, dans la commune du Vernet-Sainte-Marguerite, tous deux présents et accep­tant.

Savoir : du dit VIGINElX ou VIRGiNEIX, la somme de neuf cents francs, et du sieur Tixier, celle de deux cents francs, faisant ensemble une somme totale de onze cents francs, sur et déduction du montant en capi­tal d'une obligation consentie par Antoine Cousteix, propriétaire, habi­tant le dit lieu de Saignes ; à mon dit sieur de Laforce ; devant Me Taché, notaire à Aubière et son collègue le vingt-sept octobre mil huit cent vingt six enregistré, inscrite au bureau des hypothèques de Clermont-Ferrand, le quinze novembre mil huit cent trente ; inscription qui a été renouvelée le trente mai mil huit cent quarante, volume 331, n° 962.

Ce paiement est ainsi fait par les sieurs VIGINEIX et Tixier en vertu de la délégation portée aux actes de ventes consenties à leur profit par Pierre Cousteix, porteur d'eau, demeurant en la ville de Paris, fils et héritier du dit Antoine Cousteix, plus haut dénommé, d'immeubles frappés de l'inscription de Mme de Laforce, devant Me Géraud, un des notaires soussignés au sieur Tixier le cinq novembre dernier, moyen­nant la somme de deux cents francs, somme égale à celle par lui pré­sentement payée, et au sieur VIGINElX moyennant celle de neuf cents francs, somme égale ainsi à celle versée par lui.

En conséquence la dite dame Thealier de Laforce, donne et consent à chacun des dits sieurs Tixier et VIGINElX, et de la somme payée par chacun d'eux, bonne et valable quittance, sans aucune réserve contre eux, et par même, les met et subroge, mais sans aucune espèce de garantie de sa part et jusqu'à concurrence de la somme payée par eux seulement, aux droits et actions résultant de l'obligation du dit jour vingt-sept octobre mil huit cent vingt-six, et de l'inscription qui en a été la suite pour pas eux les exercer et faire valoir s'il en est besoin, ainsi qu'ils aviseront à leur risques et périls.

Dont acte.

Fait et passé à Saint-Amant-Tallende en l'étude, l'an mil huit cent quarante-sept, le huit décembre.

Tixier a déclaré ne savoir signer de ce requis et Mme de Laforce et VIGINEIX ont signé avec les notaires, après lecture faite.

A la minute sont les signatures.

Enregistré à Saint-Amant le seize décembre 1847 folio 76 reçu case 2 et 3 reçu cinq francs cinquante centimes et cinquante-cinq centimes pour dixième, signé Maugue receveur.

 Le petit Viginet, n°15, juin 2006

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23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 07:56

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les photographies sont de Gérard Gardette que nous remercions.

 

Antoine VIGINEIX, maire de Ludesse (Puy-de-Dôme) en 1901

Antoine VIGINEIX a été maire de Ludesse de 1896 à février 1906, d'après la mairie de Ludesse, mais les dates exactes de mandat ne sont pas précisées.

Une recherche dans les archives communales ne permet pas de retrouver la délibération concernant la mise en place de la fontaine avec l’inscription « 1901, VIGINEIX, maire », et, qui, malheureusement, n'est plus utilisée ... subissant les outrages du temps. 

Le petit Viginet, n°13, février 2006

Appel : Nous sommes preneur de toutes informations complémentaires sur cette personne afin d’établir son mandat exact et aussi son ascendance.

 

 

 

 

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Jean-Pierre Vigineix - dans Quelques maires...
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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 08:20

Le contrat du premier mariage de Gilbert VIGINEIX

Contrat entre Gilbert VIGINEIX et Madeleine Servier en date du 3 novembre 1846 chez Me Guillaume Berthoule, notaire à Besse (Puy-de-Dôme) (cote SE49/20, Archives départementales du Puy-de-Dôme).

Pardevant Me Guillaume Berthoule, notaire à la résidence de Besse, en présence du témoin soussigné, ont comparu

Gilbert VIGINEIX, cultivateur, demeurant à Saignes, commune du Vernet-Sainte-Marguerite

assisté et autorisé de Claude VIGINEIX et de Gabrielle Cougoul, ses père et mère ici présents, cette dernière de son mari autorisée, pro­priétaire cultivateur demeurant au dit lieu de Saignes

et Madeleine Servier, sans profession, demeurant à Cluchat, même commune du Vernet-Sainte-Marguerite

fille mineure de défunt Guillaume et de Marie Dubroc restée sa veuve, propriétaire demeurant au dit lieu de Cluchat, ici présente à l'effet d'assister et autoriser sa fille, et à l'effet des conventions suivantes.

Lesquels dans la vue du mariage projeté entre Gilbert VIGINEIX et Madeleine Servier, dont la célébration doit avoir incessamment lieu, en ont arrêté les conventions civiles ainsi qu'il suit :

Article premier

Les futurs déclarent se marier sous le régime dotal et la future se constituer les biens présents et à venir.

Néanmoins par dérogation au régime dotal fouillé et réservé d'aliéner les biens immeubles de la femme à la charge de faire remploi en fonds certains, libres d'hypothèques et du choix de la future des prix de vente ou retour d'échanges.

Les consentements des deux époux seront nécessaires aux aliénations et les biens acquis en remploi seront propres à la future, dotaux et aliénables aux mêmes conditions.

Article deuxième

En faveur du mariage les père et mère du futur lui constituent l'usufruit et jouissance jusqu'à l'ouverture de chaque succession de tous leurs biens immeubles actuels, sans aucune exception ni réserve.

A la charge par le dit futur de loger, nourrir, entretenir, chauffer, éclairer et blanchir avec lui et sa femme, en ménage commun les dits père et mère en santé et maladie, toutefois ces derniers autant que leurs forces et leur santé le permettront, aideront au travail et à la culture des biens délaissés et de ceux personnels aux futurs.

Il est déclaré que le futur en même temps que l'usufruit des dits biens prend un mobilier dont il sera comptable par moitié à chaque succession, des père et mère, et consistant en : 1° deux vaches, évaluées ensemble cent soixante francs ; 2° un char à quatre roues et un tombereau en mauvais état, évalué ensemble dix francs ; 3° un coffre en bois de chêne sans serrure ; 4° un bois de lit en sapin en l'usa­ge du pays, garni d'un garde-feuille, deux draps, une courtepointe piquée, et un chevet garni en feuille ; 5° deux marmites évaluées ensemble quatre francs ; 6° une poële à frire évaluée un franc.

Et il est expliqué que les père et mère conservent en fait de mobilier : 1° un bois de lit garni comme ci-dessus désigné ; 2° cinq draps de lit ; 3° deux marmites ; 4° et leur linge et habits de corps.

A l'ouverture de chaque succession des père et mère, le futur rapportera moitié du mobilier qu'il reçoit, et celui qui se trouvera dans les bâtiments aux dites époques en sus de celui délaissé ou réservé par leur père et mère, sera ainsi acquis par les futurs et leur sera propre.

Les biens dont l'usufruit est délaissé sont déclarés pour l'enregistrement seulement d'un revenu annuel de cent francs.

Et au cas d'incompatibilité, en remplacement des charges ci-dessus, le futur paiera à ses père et mère une pension annuelle et via­gère de quatre-vingt-seize décalitres de blé seigle, et vingt francs d'argent, et de trois en trois mois et d'avance à commencer le premier terme au jour de séparation.

Au même cas, les père et mère conserveront la jouissance de la maison d'habitation, faisant partie des bâtiments.

Au décès du premier mourant des père et mère, l'usufruit de ses biens cessant de profiter au futur, les charges diminueront de moi­tié.

Article troisième

Les père et mère du futur déclarent avoir reçu de lui en différentes reprises une somme de huit cents francs sur les gages et salaires dont il a fait profit depuis l'âge de neuf ans qu'il est allé en condition ou service ; et par suite lui sont reconnaissant de cette somme, qui en sera, au moyen des conventions qui précèdent, exigible que par moitié à chaque succession et sans intérêt.

Cette somme a été employée par les dits père et mère au moment de chaque réception, à leurs besoins personnels.

Article quatrième

La future épouse se constitue personnellement les biens et droits lui provenant de la succession de son père, dont elle en a dressé connaissance au futur, et dont elle se réserve de faire recherche et partage, avec l'autorisation de son mari.

Article cinquième

La mère de la future lui constitue en avancement d'hoirie : 1° dix draps de lit, 2° une couverture en indienne piquée garni de ouate, 3° un garde-feuille en toile, et un traversin garni en plumes, le tout à demi-usé, et déclaré pour l'enregistrement seulement d'une valeur de vingt francs sans que cette évaluation vaille vente au futur qui en demeurera chargé par la célébration du mariage.

Article sixième

La future se constitue en outre personnellement : 1° trois robes en étoffe de ménage ; 2° trois autres en étoffe légère de laine de mar­chand, toutes à demi-usées et garni de leurs accessoires ; 3° quinze chemises à demi-usées, et 4° divers linges et hardes à son usage per­sonnel, de tout quoi le futur sera chargé par le fait de la célébration du mariage qui en vaudra quittance.

Article septième

Il y aura entre les futurs, communauté d'acquêts à faire pendant le mariage, dont les effets seront réglés par les articles 1498 et 1499 du code civil.

Article huitième

Les futurs se feront respectivement donation au survivant, pour le veuvage seulement de l'usufruit des biens du prémourant réduit à moitié en cas d'existence d'enfants, sans charge de caution ni d'inventaire.

Et avec la réserve de faire au profit des enfants tels avantages en préciput qu'aviseront les futurs, par préférence à la présente dona­tion.

Telles sont les conventions des parties.

Fait et passé à Murol en la demeure de M. Hugues Amable Rochefort, maire, demeurant à Murol, le trois novembre mil huit cent quarante six.

En présence de M. Rochefort sus-nommé et d'Antoine Cordacher, facteur rural demeurant à Besse.

Et après lecture les deux futurs ont signé avec les témoins et le notaire, et les parents et amis présents, les autres comparants décla­rent ne savoir signer de ce enquis.

En marge de la dernière page de ce contrat : 

Enregistré à Besse le sept novembre 1846 fol. 20 nos 1, 2, 3 et 4, reçu cinq francs pour le droit du contrat, vingt-sept francs cinquante centimes pour la donation immobilière, un franc quatre-vingt centimes pour la première reconnaissance, huit pour la seconde reconnaissance, treize centimes pour la donation à la future, cinq francs pour la donation entre époux, et quatre francs soixante-quinze centimes pour le dossier.

Renseignements généalogiques sur cette famille

Gilbert VIGINEIX, né le jeudi 4 mai 1820 au Vernet-Sainte-Marguerite, décédé le dimanche 24 juin 1883 au Vernet-Sainte-Marguerite, qui épouse 1°/ le jeudi 26 novembre 1846 au Vernet-Sainte-Marguerite, Madeleine (Magdeleine) Servier, née le mardi 11 mars 1828 au Vernet-­Sainte-Marguerite, décédée le samedi 18 septembre 1852 au Vernet-Sainte-Marguerite.

Les témoins sont : François Guillaume, 35 ans, maréchal-ferrand ; Joseph Thomas, 39 ans, aubergiste ; Antoine Billet, 58 ans, maréchal-fer­rand ; Michel Malval, garde-champêtre ; non-parents, domiciliés au Vernet-Sainte-Marguerite.

Trois enfants de cette union :

François VIGINEIX, né le vendredi 29 octobre 1847 au Vernet-Sainte-Marguerite, décédé le mercredi 3 mai 1848 au Vernet-Sainte-­Marguerite (moins d'un an).

Jean VIGINEIX, né le dimanche 18 mars 1849 au Vernet-Sainte-Marguerite, décédé le mercredi 5 novembre 1913 à Auneau (Eure-et-Loir) (64 ans), qui épouse le mardi 3 juillet 1883 à Montaigut-le-Blanc, Marie Aureyre, dont descendance.

Guillaume VIGINEIX, né le jeudi 16 octobre 1851 au Vernet-Sainte-Marguerite, décédé le mardi 15 août 1916 à Auneau (Eure-et-Loir) (64 ans), qui épouse le jeudi 16 mai 1878 à Saint-Pierre-Colamine, Marie (Henriette) Berthelage, dont descendance.

Le petit Viginet, n°7, novembre 2004

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17 mars 2007 6 17 /03 /mars /2007 20:59

        

Mémoires des saintes reliques qui

sont enfermées dans nos reliquaires

d'argent remises le 23 mars 1603

Dans le reliquaire vieux de nostre dame

donné par feu(e) Anne Viz(g)inet l'an 1553

il y a une petite fiole de cristal ouvragé

d'or émaillé et ouvragé de rubis dans laquelle

fiolle il y a une image de la vierge du

bois de Montegue ou parties de diverses

reliques entourées des cheveux de notre dame

comme il apparaît par l'écrit gravé en latin  

enchassées ... (Rines Benid

 virginis Maria), plus il y a des ossements de

St Fabien pape et martyre, de St Sébastien,

des os de la tête de St Roc, de ceux

de Ste Barbe, de plusieurs autres saints osse­ments

à nous inconnus de plus il y a des reliques de

St Maurice.

La traduction du passage extrait de l'inventaire fait par le curé de la cha­pelle de Vassivières (proche de Besse-Saint-Anastaise), nous apporte la preuve que l'un (ou l'une) de nos ancêtres (le prénom Anne servait indiffé­remment à l'époque pour un homme ou pour une femme) a fait don à Notre-­Dame de Vassivières d'un reliquaire.

A l'époque, Marie de Médicis séjourne dans la région et elle offre, en 1555, une statue de vierge dédiée à cette chapelle, malheureusement ce n'est plus l'original (détruit à la Révolution) qui passe l'hiver à Besse avec la « dévalade » de septembre.  

Traduction effectuée par Christiane de Vriendt et Gérald Vigineix

Le petit Viginet, n°17, novembre 2006

 

 

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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 12:07

Cet article reprend (en trois parties) l'intégralité du texte paru.

Ce petit fascicule de 40 pages a été certainement distribué après la guerre aux combattants ou aux familles des disparus.

Dans la liste des décédés se trouve Jean VIGINEIX.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Ceux qui pieusement sont morts pour la Patrie

Ont droit qu'à leur cercueil, la foule vienne et prie.

(Victor Hugo).

 

 

 

Encadrement du 324e Régiment d'Infanterie

Le 9 août 1914

ETAT-MAJOR

Lieutenant-Colonel CLÉDAT DE LA VIGERIE

Capitaine GOACHET

              Lieutenant COLIN              

Lieutenant d'ABOVILLE

Sous-Lieutenant COURTEMANCHE

Sous-Lieutenant OUTARDEL

Sous-Lieutenant GRAND

Médecin-Major LUTROT

L'Abbé PERRIN, Aumônier

5e Bataillon

Commandant JEANSON

Médecin aide-major OGER

17e Compagnie

Capitaine BABIN

Lieutenant PIRAULT

Lieutenant DE QUATREBARBES

18e Compagnie

Capitaine LACROIX

Lieutenant CLÉMENT

Sous-Lieutenant WEISGERBER

19e Compagnie

Capitaine BOURGAULT-DUCOUDRAY

Lieutenant BODENREIDER

Sous-Lieutenant LEMAIRE

20e Compagnie

Capitaine BLANDIN

Lieutenant KAHN

Sous-Lieutenant ARLON

6e Bataillon

Commandant BLACHON

Médecin aide-major MATIGNON

21e Compagnie

Capitaine DELPHAUT

Lieutenant STÉVENOT

Sous-Lieutenant FÉRON

22e Compagnie

Capitaine CHAMORIN

Lieutenant BEYNEL

Lieutenant DU COUÉDIC DE KERGOLAER

23e Compagnie

Capitaine TRICOTTET

Lieutenant JUILLARD

Lieutenant DAUVERNÉ

24e Compagnie

Capitaine DE LAMBERT

Sous-Lieutenant MÉTAYER

Sous-Lieutenant ALEX

 

 

1914

Formé à deux bataillons, 5e et 6e, et comprenant au total 36 officiers, 140 sous-officiers, 2 079 hommes de troupe et 121 chevaux, le 324e Régiment d'Infanterie placé sous le Comman­dement du Lieutenant-Colonel CLEDAT DE LA VIGERIE, quitta La­val, sa garnison de Mobilisation, les 9 et 10 août 1914.

Débarqué dans la région de Verdun les 10 et 11, cantonné à Bras et à Vacherauville, le 324e constitua avec les 303e et 330e d'infanterie, la 108e Brigade commandée par le Général BUISSON d'ARMANDY.

Les 107e et 108e Brigades, qui composaient la 54e Division de réserve sous les ordres du Général CHAILLEY, occupèrent, dès le 14 août, la zône fortifiée comprise entre les jumelles d'Ornes incluses et les hauteurs de Damvillers incluses, puis le 17 se transportèrent dans la zône Eix, Moulainville, Blanzée, Châtillon-sous-les-Côtes, Vatronville et Ronvaux, et finalement firent mou­vement vers le nord les 21, 22 et 23 août, liant leur marche à celle du 6e corps (3e armée), qui prenait l'offensive en direction de Longuyon, et le couvrant en arrière et à droite.

COMBAT DE SPINCOURT

Le 23, l'aile droite du 6e corps étant menacée par un mouve­ment enveloppant, la 54e D.I. de réserve doit parer à ce dan­ger et s'organise défensivement dans la région de Spincourt, le 324e étant en réserve entre Vaudancourt et la Ferme de la Folie, avec deux compagnies dans Spincourt, en réserve d'A.P., les 17e et 19e.

Le 24, à 10 heures, l'ennemi prépare son attaque par un bombardement des plus violents sur Spincourt. La ligne de feu s'étend peu à peu vers le sud, dans la direction d'Etain. Vers 15 heures, une première attaque des Allemands échoue sous le feu foudroyant de nos 75. 15 h 55, la 54e D.I. reçoit l'ordre d'attaquer à son tour. Le 6e Bataillon, sous les ordres du Commandant BLACHON, ayant en réserve les 18e et 20e Cies, sous les ordres du Commandant JEANSON, traverse le long glacis de 1 800 mètres qui descend sur Spincourt, sous la protection des 17e et 19e Cies qui tiennent le village et la voie ferrée. Comme à l'exercice, le 324e s'avance, les compagnies en ligne de sections par 4, à 30 pas. Ses pertes ne l'arrêtent pas. Le Commandant JEANSON est tué : il tombe en criant : « Que personne ne bouge ! ». Un seul obus éclatant au milieu d'une section de la 20e Cie blesse ou tue 34 hommes : le Capitaine BABIN, dans Spincourt, est frappé d'une balle au coeur. A 17 h 30, la zône de mort est franchie. A 18 heures, partant de l'abri que lui a offert un instant le remblai du chemin de fer, l'assaut se déclan­che sur les pentes sud-ouest et sud du bois de Rachoux ­- cote 240. Au moment où se produit l'abordage, la sonnerie de « Halte­-là » retentit. Il y a flottement dans la ligne, et malgré les clai­rons qui sonnent la charge pour répondre à la sonnerie trai­tresse de l'ennemi, malgré le Commandant BLACHON qui vient de rouler par terre - frappé d'une balle en pleine poitrine qui, ricochant heureusement sur sa médaille coloniale, ne le blesse que légèrement - et se relève, fusil en main, en criant « En avant ! », l'attaque est brisée par les mitrailleuses allemandes qui profitent du court moment d'arrêt pour faucher les rangs des assaillants.

Sous la protection de la 19e Cie qui tient toujours la voie fer­rée, le 324e se replie, d'abord sur Vaudancourt, puis, pendant la nuit sur Ornes où il tient par ses A.P., les Jumelles d'Ornes.

Les Allemands n'entrèrent dans Spincourt que le 25, à 6 h du matin.

Les pertes du 324e dans ce combat du 24 août ont été de : 2 chefs de bataillon, 3 capitaines, 5 lieutenants, 1 sous-lieute­nant, 24 sous-officiers, 306 soldats, tués, blessés ou disparus.

Dans la nuit du 26 au 27, pour parer à un danger imminent, la 54e D.I. se porte dans la région de Spada en une seule étape de 60 kilomètres sous une pluie diluvienne.

Après y avoir cantonné les 27 et 28 août, elle se porte le 29 dans la région de Cenicourt, Villers-sur-Meuse, Troyon, Ambley. Le 324e cantonne à Ranzières avec une compagnie barricadée dans Vaux-les-Palameix pour interdire les routes de la Croix-­sur-Meuse et de Ranzlères à l'ennemi. Mais celui-ci semble avoir retiré ses masses vers le nord-ouest dans la région d'Etain ; il n'y a plus devant nos lignes qu'un rideau de cavale­rie et le 30 août la division est reportée au sud-ouest de Verdun.

La 3e Armée prononce de nouveau une offensive vers le nord-­ouest, le 3e groupe de Division de réserve (72e, 75e, 54e) a mis­sion d'appuyer le mouvement en arrière et à droite, et dès le 31 août la 54e Division se porte dans la région Esne-Montze­ville.

COMBAT DE CERCOURT 

Le 1er septembre, la 54e Division relève la 40e Division (6e corps) à Béthincourt où l'ordre d'attaquer lui parvient à 14 h 20. En réserve de la 108e Brigade, le 324e se conforme au mouvement en avant de cette dernière avec comme axe de mar­che la route Bethincourt-Cercourt. A 16 h 30 le 5e Batail­lon s'accroche aux flancs de la croupe 281, face au nord ; le 6e s'est avancé par infiltration 500 mètres en arrière et à gauche. Toute la progression s'est faite sous le tir violent de l'artil­lerie ennemie ; mais, exécutée méthodiquement, elle n'a coûté au régiment que des pertes légères.

A 18 heures, l'attaque de Cercourt est en pleine activité, mais les éléments de première ligne fléchissent. Le 5e Bataillon du 324e porté a la crête sous un feu violent se déploie pour les soutenir et va se porter à l'attaque lorsque la chute du jour sur­vient, arrêtant avec les efforts de l'ennemi la progression en avant destinée à rétablir le combat.

La 54e Division de réserve ramenée le 2 septembre dans la région Esne-Montzeville et se conformant au mouvement des 5e et 6e corps d'armée, se retire le 3 dans la zône Blercourt-Nixéville-Souhesmes.

Le 4, la 108e Brigade rattachée à la défense mobile de Verdun passe à la 72e Division de réserve (Général HEYMANN) et gagne Houdainville, Le 6 septembre, la 72e Division quitte ses cantonnements par alerte pour participer à l'attaque d'un corps allemand qui suit la 3e Armée dans son mouvement vers le sud. Le but est de l'acculer à l'Argonne pour le mettre hors de cause. La bataille de la Marne commence.

COMBAT DE VILLE-SUR-COUZANCES

Le 7 septembre, la 72e D.I. formée sur le plateau entre Ram­pon et Nixéville attaque entre Julvecourt et Ville-sur-Couzances, en direction de Brocourt et Clermont-en-Argonne. Le 5e Batail­lon, sous les ordres du Capitaine LACROIX attaque Ville-sur-Cou­zances. Mais il se heurte à une ligne de tranchées que les Allemands ont établies sur les hauteurs de la rive gauche de la Couzances, et se cramponne au terrain. Deux compagnies du 6e Bataillon, envoyées à la cote 311 ne peuvent progresser. Le régiment est soumis à un feu croisé d'artillerie effroyable. Les pertes du 5e Bataillon sont graves. Il est retiré de la ligne de feu à la tombée du jour et reformé en hâte pendant la nuit, lais­sant une de ses compagnies décimées en soutien du groupe d'artillerie qui appuyait l'attaque. Il a plus de la moitié de son effectif par terre : le Capitaine LACROIX et cinq officiers sont grièvement blessés.

COMBAT DE JULVECOURT

L'offensive est reprise le 8. Le 6e Bataillon, sous les ordres du Commandant BLACHON, soutenu par le 5e qui n'a plus que 5 officiers, dont le Capitaine BLANDIN qui le commande, attaque à son tour, en direction de Julvecourt. Il progresse lentement sous un feu formidable d'artillerie qui écrase notre infanterie au passage des crêtes.

Comme le 5e, la veille, il s'accroche désespérément au ter­rain et fait quelques progrès que la nuit arrête.

Quoique l'attaque ne soit pas allée jusqu'à l'assaut, elle a été rudement menée et on sent que l'ennemi, par sa débauche de projectiles a fait tous ses efforts pour lui résister. Aussi, est-ce en toute tranquillité que le 324e prend les A.P. sur place, à la lisière des Bois du Miniel, où il va rester deux jours et deux nuits, tenant constamment les Allemands sous la menace d'une nouvelle attaque.

Un bombardement ennemi des plus violents a lieu dans l'après-­midi du 10 : le régiment est plein d'espoir et attend la contre attaque prévue, de pied ferme. Elle ne se produit pas.

La mission offensive de la division est terminée. Elle va se retrancher sur la ligne de la Couzances afin de couvrir le mou­vement de deux divisions dirigées vers le sud, et le 324e tient Rampon.

Dans la soirée du 13, l'ordre arrive d'attaquer à fond, le len­demain dès l'aube. Mais, le 14 à 4 heures du matin, les éléments de tête tombent dans la cavalerie française. L'ennemi, en pleine retraite devant la 3e Armée, a fait 40 kilomètres dans la nuit. Dans cette même matinée du 14, sous une pluie torrentielle, la 72e D.I. est ramenée à Verdun, où le 324e cantonne au Fau­bourg Pavé.

Les 15 et l6 septembre, la 72e Division couvre le déploiement de l'artillerie lourde de la place vers le nord et la marche en avant du 6e Corps. La 108e Brigade opère dans la zône de Bras, sur les versants de la côte du Poivre, le 324e sur la route de Louvemont, face au nord. Mais le 6e Corps a atteint l'extrême limite qu'il semble possible d'atteindre en face des lignes re­tranchées de l'ennemi ; la 72e D.I. le relève sur ses positions avancées et le 324e prend les avant-postes à Haumont.

Avec un bataillon aux avant-postes, et un au travail sur la ligne de résistance, le régiment tient successivement les posi­tions de Haumont et de Somogneux et contribue à leur aménagement. Au repos à dater du 26 septembre, il organise le saillant nord-est du Bois du Quart en réserve.

COMBAT DE FORGES

Le 4 octobre, le 6e Bataillon coopère à la reprise du village de Forges dont l'ennemi s'est emparé dans la nuit et qui, bom­bardé par le fort de Marre, est réoccupé le matin sans coup férir. Le 6e Bataillon s'établit au bois des Corbeaux et à la côte de l'Oie ; rejoint le lendemain par le 5e, il tient désormais avec lui le secteur du Mort-Homme, Béthincourt, Cumières, côte de l'Oie, Forges. Le 8, une attaque déclanchée par les Allemands sur ce dernier village occupé par le 5e Bataillon échoue, mal­gré un bombardement préalable, devant la ferme résistance de la 18e Compagnie.

Ramené sur la rive droite de la Meuse, le 13 octobre, le régi­ment occupe le front 240, Les Fosses, Bois des Caurières, avec un bataillon aux avant-postes et un à Souville.

Repassant à la 12e Division et formant avec le 164e la 144e Brigade commandée par le Colonel PAGES, le 324e quitte ses po­sitions le 22 octobre avec mission de pénétrer dans le bois de Vavrille et d'atteindre la cote 329. L'opération complétée par l'occupation du bois de Ville était terminée le 25. L'organisa­tion des nouvelles positions commença avec l'aide du Génie, sous la direction du Général BAPST qui commanda la 72e Divi­sion, à dater du 3 novembre.

1915

Du 26 janvier au 25 février, le Commandement du 324e fut exercé par le Chef de Bataillon GOACHET, le Lieutenant-Colo­nel CLEDAT DE LA VIGERIE ayant pris celui de la Brigade qu'il céda ensuite au Colonel NAYRAL DE BOURGON.

Le régiment tint le bois de Ville et la cote 329 jusqu'au 30 mars. A cette date, eut lieu une réorganisation des avant-postes et le 324e, par amalgame avec les 47e et 95e d'infante­rie territoriale, forma une brigade dite « Brigade de marche de la 72e Division d'Infanterie ».

Le Colonel CLEDAT DE LA VIGERIE en prit le commandement. Elle comptait 5 Bataillons mixtes (A, B, C,  D, E) composés chacun d'unités de réserve et de territoriale.

Le front de la brigade de marche comprenait deux sous-sec­teurs placés : celui des Chambrettes (3 bataillons) sous les ordres du Chef de Bataillon MOUTON du 95e Territorial, celui de Beau­mont (2 bataillons) sous les ordres du Chef de Bataillon GOA­CHET du 324e R.I.

A l'exception d'une petite attaque allemande sur le moulin d'Ornes qui, perdu dans la nuit du 26 au 27 avril, fut repris le matin, aucun fait important ne se produisit pendant l'occupa­tion du secteur qui dura dans les conditions qui viennent d'être indiquées jusqu'au 27 juillet.

A cette date, la Brigade de marche fut dissoute et le 324e R.I. avec le 365e R.I. constitua la 107e Brigade qui fut commandée par l'ancien chef du 324e, promu au grade supérieur le 5 mai. Le Colonel CLEDAT DE LA VIGERIE fut remplacé à la tête du régiment par le Lieutenant-Colonel ROLAND, auquel succéda le 21 août le Lieutenant-Colonel BUREAU.

A dater du 27 juillet, le 324e tint le sous-secteur d'Herbebois avec un bataillon aux avant-postes et un à Louvemont. Puis le 6e Bataillon ayant quitté Louvemont le 24 septembre, monta en ligne le 27 à la crête des Eparges où le 5e Bataillon remplacé à Herbebois le releva le 11 octobre.

Le 324e appartint dès lors à la 132e Division formant avec les 303e et 364e Régiments d'Infanterie la 109e Brigade (Général LINDER). 

SECTEUR DES EPARGES

Ce secteur des Eparges mérite une mention particulière. Les noms du « Point X », du « Ravin de la Mort » sont dans toutes les mémoires. La lutte y fut dure toute l'année 1915. La guerre de mines y battait son plein ; des bombardements par obus de tous calibres, bombes et torpilles, bouleversaient les tran­chées, occasionnant aux troupes de garnison des pertes graves et des fatigues considérables. Les deux bataillons alternèrent pour l'occupation de ce terrain bouleversé, transformé par les intempéries en fondrières où les hommes s'enlisaient, jusqu'au 4 décembre, date à laquelle le régiment, repassant à la 107e Brigade, rejoignit la 72e Division au nord de Verdun, où il tint, à partir du 13 décembre, le secteur Béthincourt-Forges.

1916

Le 324e occupait ce secteur lorsque, dans la nuit du 13 au 14 février, il fut relevé et vint cantonner près de Verdun, à Belle­ville. Il en partit le 15, alerté par un ordre du Général CHRÉTIEN, commandant le 30e Corps d' Armée qui, considérant comme possible une attaque ennemie dans la région du Bois des Caures, remettait la 107e Brigade à la disposition du Général BAPST, commandant la 72e Division.

Dirigé sur Bras et sur Charny, le 324e R.I. coopéra avec le génie à la préparation du secteur en vue de l'attaque que l'on attendait. Le 18, les cadres reconnurent le terrain compris entre les routes Vacherauville-Ville et Vacherauville-Samogneux, terrain probable d'engagement de la 107e Brigade.

BATAILLE DE VERDUN

L'attaque allemande sur Verdun se déclancha le 21 février dans les conditions que chacun sait. Le 6e Bataillon, Comman­dant MUZIN, était à Charny ; le 5e Bataillon, Commandant GOA­CHET et l'E.-M. étaient à Bras. A 7 heures du matin, le pre­mier obus tombait dans Bras qui, bientôt, se trouvait soumis à un bombardement formidable. Le Lieutenant-Colonel BUREAU donnait l'ordre d'évacuer le village et rassemblait le 5e Batail­lon, partie dans les péniches du canal de la Meuse, partie à l'écluse de Charny, pendant que, sous l'averse des obus, une demi-compagnie déchargeait à la gare des wagons contenant tout le matériel et le harnachement d'une compagnie de mitrail­leuses qui purent être mis en lieu sûr. A Bras, le Lieutenant OUTARDEL, le Lieutenant COURTEMANCHE, avec un sang-froid admirable, faisaient atteler tous les trains du régiment et les sauvaient, ainsi que tous les chevaux, n'ayant à déplorer que la perte d'une voiture médicale réduite en miettes par un obus de plein fouet.

A 18 heures, le 6e Bataillon était dirigé sur Hautmont, à la disposition du Colonel commandant le 362e. Il y arrivait à 4 heures du matin, le 22, fournissait, dès son arrivée, une contre-attaque heureuse et recevait l'ordre de tenir entre le bois d'Hautmont et le bois des Caures.

A minuit, le 5e Bataillon et l'E.-M. se mettaient en route sur Champneuville où dès son arrivée, à 8 heures, le 22, le 5e Batail­lon était mis à la disposition du Colonel commandant le 351e à Samogneux. L'E.-M. du régiment restait à Champneuville.

Il est difficile de raconter la part prise par ces deux batail­lons à la défense héroïque que fournit la 72e D.I., du 21 au matin jusqu'à l'entrée en ligne du 20e C.A., le 24 à midi. L'écrasante supériorité de l'ennemi en hommes et en artillerie lui permit de s'infiltrer, faisant tomber par encerclement les éléments de ré­sistance. Les actes de dévouement et de bravoure furent innom­brables. Il faut citer la conduite admirable des Commandants GOACHET et MUZIN, blessés tous deux, du Capitaine TOUSSAINT affreusement mutilé, du Capitaine DU COUËDIC, gravement bles­sé, du Lieutenant MASSE qui refusa de se coucher sous la mi­traille pour donner confiance à ses hommes, du Sous-Lieutenant AUJARD qui, fait prisonnier par les Boches, non seulement ramena sa section, mais aussi ceux qui pensaient l'emmener en Allema­gne, du Sous-Lieutenant OLIVIER, de l'Abbé PERRIN, aumônier du régiment qui traversa plusieurs fois le barrage encerclant Samogneux pour aller soigner les blessés.

Enfin le Lieutenant COURTEMANCHE, officier d'approvisionne­ment, sait que les hommes n'ont que deux jours de vivres : il n'hésite pas à charger un bachot sur le canal et, seul dans la nuit, à le conduire jusqu'à l'écluse de Samogneux en pleine four­naise.

Lorsqu'il fut rassemblé dans l'après-midi du 24, aux péni­ches de Bras, le 324e ne comptait plus que 11 officiers et 412 hommes.

Il avait perdu en tués, blessés et disparus, 1 315 sous-officiers et soldats et 22 officiers.

Le 3 mars, le Général commandant le Corps d'Armée, adres­sait à ses Régiments l'ordre suivant :

« Officiers, sous-officiers et soldats du 30e Corps d'Armée :

« Attaqués le 21 février par de grandes forces ennemies et une artillerie formidable, vous avez, jour et nuit, par un froid rigoureux, avec de rudes privations, soutenu l'assaut des mas­ses ennemies, contre-attaqué et défendu pied à pied la terre française avec opiniâtreté. Par votre vaillance et votre esprit de sacrifice, vous avez permis à de grandes forces françaises d'arriver à la rescousse ! Vous avez infligé à l'assaillant de lourdes pertes. Officiers, sous-officiers et soldats du 30e Corps d'Armée, vous avez bien mérité de la Patrie ».

Le même jour, la 72e D.I. était placée sous les ordres du Gé­néral FERRADINI : elle constituait deux brigades au lieu de trois. Le 324e fit partie de la 144e brigade commandée par le Colonel CLEDAT DE LA VIGERIE ; il restait sous les ordres du Lieutenant-Colonel BUREAU : 5e Bataillon, Commandant DU BOUCHER, 6e Bataillon, Commandant BOURGAULT DUCOUDRAY. Après un long repos dans la région de Belfort où il se reconsti­tua, il fut porté en Alsace, en arrière de Danmarie où il organisa une seconde ligne. Au mois de mai, la 72e D.I. se transportait au camp d'Arches, où une période d'instruction remit les régiments au point pour la nouvelle mission qui allait lui être confiée. En sortant du camp d'Arches, elle alla travailler aux défenses de la frontière suisse, et le 14 juin, s'embarquait pour la région d'Amiens où se concentraient les troupes qui devaient prendre part à l'offensive de la Somme.

D'abord 4e Division du 20e Corps, elle coopéra aux prépara­tifs de l'attaque et, du 20 au 30 juin, le 6e Bataillon du 324e travailla aux premières lignes, transportant avec entrain le ma­tériel et les obus, et coopérant à l'établissement des batteries. Affectée le 2 juillet, lendemain de l'attaque, au 1er corps colo­nial, la 72e D.I. suivit pas à pas les progrès de ce corps pen­dant les premiers jours. Le 9, le couvrant à gauche sur la rive gauche de la Somme, elle appuya l'attaque qu'il prononçait sur Barleux, en attaquant elle-même la position Biaches-La Maison­nette, qu'elle emporta brillamment.

COMBAT DE BIACHES

Le 12 juillet, le 324e, jusqu'alors en réserve, reçut l'ordre de porter le 5e Bataillon dans Biaches avec mission de tenir ce village coûte que coûte. L'ennemi qui, depuis les premiers jours de juillet accumulait de l'artillerie lourde sur le Mont Saint-Quentin, déclancha le 15 à 13 h 45, un bombardement infernal uniquement par gros calibres, qui causa de graves pertes à la garnison de Biaches et fit sauter en partie ses dé­pôts de munitions. A 19 h 45, le tir s'allongea et l'ennemi atta­qua en force.

La première ligne que le régiment voisin tenait entre la Mai­sonnette et la Somme ayant fléchi dans la partie nord du Bois Blaise, l'ennemi, s'infiltrant à la fois par la brèche et les bords du canal, attaqua le village par son saillant est et sa lisière sud-est où il put pénétrer. Un combat de rues meurtrier s'en­gagea. A 23 h, la ligne du 5e Bataillon, un moment disloquée, se rétablissait, encerclant le village, et contenant les efforts faits par l'ennemi pour déboucher des lisières et du bois Blaise.

Le 16, à 2 heures du matin, un bataillon du 362e contre-attaquait Biaches par le sud, mais ne pouvait progresser sous les feux croisés de mitrailleuses. Une demi-heure plus tard, le 6e Bataillon du 324e, qui avait reçu l'ordre de contre-attaquer par le nord, se heurtait à un barrage d'artillerie formidable et devait se contenter de relever le 5e Bataillon qui passa en soutien vers 5 heures.

Avec le jour, le combat reprit : mais, par suite du nombre et de l'activité des mitrailleuses ennemies, la progression fut jugée impossible sans préparation d'artillerie. A midi, le 6e Bataillon recevait l'ordre de prendre ses dispositions pour attaquer le vil­lage par le nord, pendant qu'un bataillon du 362e l'attaquerait par le sud, et les canons français commencèrent à marteler le village. Sous le bombardement infernal, le 6e Bataillon parvenait à se rassembler en position d'attaque au nord du village et, à 18 heures, il se ruait en avant.

Au même moment, parvenait au poste du Lieutenant-Colonel BUREAU, l'ordre de retarder la contre-attaque, la préparation étant jugée insuffisante. Le contre-ordre arrivait trop tard : un message du Commandant du 6e Bataillon, daté de 20 heures, ar­rivait en effet à 21 h 40 au P.C. du Lieutenant-Colonel annon­çant que toute la partie du village affectée au 324e était enlevée, à l'exception de l'usine transformée par l'ennemi en veritable nid de mitrailleuses.

Il convient de citer les noms du Capitaine COURTEMANCHE, grièvement blessé et du Lieutenant DE COURSON DE LA VILLE­NEUVE, qui commandaient les deux compagnies d'attaque et entrèrent les premiers dans Biaches, des Sous-Lieutenants AU­JARD, ESTRADE, BRIDARD et BECKER, admirables de bravoure et de décision.

Le 17 au matin, un message arrivait : « Le Commandant de la Division envoie ses très chaudes félicitations au régiment BUREAU dont la conduite a été admirable et en particulier au Bataillon BOURGAULT DUCOUDRAY, dont l'attitude a été remarquable dans la 2e attaque de Biaches ».

En même temps, le commandement de toutes les troupes se trouvant à Biaches, le 6e Bataillon du 324e, Capitaine MAES, un bataillon du 362e, Capitaine STROMPF et 2 compagnies du 164e en réserve passaient aux mains du Commandant BOURGAULT DUCOUDRAY.

Le même jour, une tentative fut faite pour enlever l'usine, mais elle ne fut pas poussée, notre artillerie n'ayant pu ruiner les défenses adverses.

La journée du 18 fut marquée par un redoublement d'inten­sité du bombardement ennemi : les troupes se tinrent prêtes à profiter de l'attaque si elle se produisait, pour contre-attaquer vigoureusement et s'emparer de la partie du village que tenaient encore les Allemands.

Relevé dans la nuit, le 6e Bataillon tint le sous-secteur défen­sif Bois de l'Epée, ferme Sormont, à la droite du 5e qui occu­pait les lignes entre Feuillères et la ferme Sormont. Dans l'en­semble, il n'y eut rien à signaler dans le secteur du 324e jusqu'au 22 juillet, à part quelques salves et tirs de mitrailleuses heureux, exécutés par le 5e Bataillon sur les renforts que l'ennemi, de l'autre côté de la Somme, envoyait à la ferme Monacu attaquée par les troupes du 20e Corps.

Relevée dans la nuit, du 22 au 23 juillet, la 72e D.I. resta en réserve dans la région Méricourt-Morcourt jusqu'au 9 août. Le 13 août, elle prit un secteur et le 324e monta en ligne dans la sous-zône de Bus devant Beuvraignes (Oise).

Il quitta ces positions le 29 novembre pour occuper le 13 décembre le sous-secteur du Pressoire (Somme).

La région du Pressoire, qui venait d'être reprise à l'ennemi, avait été littéralement retournée par notre artillerie lourde. Boyaux et tranchées n'existaient pour ainsi dire plus, la pluie les avait transformés en cloaques de boue et la circulation ne se faisait qu'au prix d'efforts inouïs. Les travaux d'aménagement furent activement poussés, et, grâce à un travail continu, le secteur était habitable lorsque le régiment le quitta le 11 jan­vier 1917.

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Jean-Pierre Vigineix - dans Guerre 1914-1918
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14 mars 2007 3 14 /03 /mars /2007 12:07

1917

Le 324e revoyait la région de Verdun. Le 21 janvier, il prenait position dans les quartiers de Moulainville et Chena. Porté le 31 janvier à l'effectif de 16 compagnies par l'adjonction d'un bataillon provenant de la dissolution du 362e, il étendit son front le 1er mars et occupa en plus le quartier de Châtillon. A la date du 21 mars, le 324e devint garnison de la sous-zône des Blusses, puis, relevé dans la nuit du 3 au 4 mai, il gagna la région de Condé-sur-Aire,  assignée comme zône de concentration à la 72e Division.

Là, cette division fut constituée sur le type de 9 bataillons et comprit les 164e, 324e et 365e Régiments. L'Etat-Major de la 143e Brigade (Colonel BATAILLE) devint l'Etat-Major de l'infan­terie divisionnaire et celui de la 144e Brigade, à la tête duquel le Colonel ANCEL avait remplacé le 18 décembre 1916 le Colonel CLEDAT DE LA VIGERIE, fut dissous.

La 72e Division mise à la disposition de la 4e Armée (Général ANTHOINE) et passée au 17e Corps (Général DUMAS) arriva dans la région de Mourmelon le 8 mai et dès lors fut placée en réserve d'Armée.

Le 12, elle montait en ligne avec une mission offensive : il s'agissait d'enlever à l'ennemi toute vue, même précaire, sur le revers méridional du massif de Moronvilliers et nous assurer la libre disposition des observatoires du même massif.

COMBATS DU MONT-HAUT

L'attaque eut lieu le 20 mai, le 324e tenait le col de la Fosse Froide. Entre le 164e à gauche qui s'empara sur le Mont-Haut de la Cage à Poules, et le 117e à droite (Division voisine) dont l'objectif était le Bois du Casque, il veilla à l'intégrité du front et assura, par des détachements qui accompagnaient les troupes d'assaut, les liaisons latérales. Le soir, 121 prisonniers, parmi lesquels 2 officiers d'infanterie, 1 d'artillerie et 1 médecin fu­rent dénombrés au poste de Commandement du Lieutenant-Colo­nel BUREAU. La Division avait fait un total d'environ 700 pri­sonniers dont 15 officiers. Elle avait atteint ses objectifs.

Que de faits seraient à citer dans cette attaque. Le jeune soldat DEROUAULT et le caporal ORAIN attaquent à coups de fu­sil et de grenades un groupe ennemi qui cherche à résister et le dispersent : ils sautent les premiers dans la tranchée ennemie et contraignent un groupe important d'Allemands à se rendre. Le sergent JOUIN Emmanuel tient sous la menace d'un pistolet lance-fusées plusieurs ennemis qui font immédiatement « Kame­rad ! ». Enfin, on voit, debout sur la tranchée, jumelles en main, le Lieutenant GAUTHIER, commandant la C.-M. 5, aidé du Sous­-Lieutenant ANCELOT comme tireur, diriger le tir d'une mitrail­leuse sur des vagues de renfort ennemies avec une précision telle que celles-ci ne peuvent progresser.

La 17e Compagnie, qui avait assuré de façon particulièrement brillante la liaison avec le bataillon du 164e qui attaquait la Cage à Poules, fut citée à l'ordre 158 de la 72e Division avec le motif suivant :

« La 17e Compagnie du 324e R.I., sous le Commandement du Sous-Lieutenant OLIVIER, a coopéré avec le plus grand succès à l'attaque de positions, ennemies très fortifiées. Au cours de sa marche en avant, a nettoyé à la grenade des abris encore occupés et fait environ 80 prisonniers. A assuré une liaison étroite avec le bataillon d'attaque. S'est maintenue intégrale­ment sur ses nouvelles positions, malgré de lourdes pertes, et sous un bombardement d'une violence extrême de jour et de nuit ».

Signé : FERRADINI.

Mais l'ennemi réagissait bientôt vigoureusement. Le secteur du Casque, violemment bombardé, fut attaqué à fond le 27 mai au matin. L'attaque fut si brutale que les tranchées conquises le 20 mai dûrent être abandonnées : mais, ce ne fut qu'un court instant. Une magnifique contre-attaque menée par le 4e Batail­lon, appuyant le régiment voisin, rétablissait la ligne telle qu'elle existait au matin. Le Boche n'avait gagné à son attaque que des pertes cruelles. 

Sans se lasser, il recommençait le 31. Mais, cette fois, son effort se porta sur le Mont-Haut. Trois bataillons, dont un « Sturmtruppe » se lancèrent à l'assaut, à 6 heures du matin, après 36 heures d'une préparation d'artillerie formidable. Lé­gèrement ébranlé par l'attaque furibonde, le front de la 72e D.I. était promptement rétabli. A 8 heures, en effet, le 6e Bataillon du 324e, appuyé par le 5e en soutien, contre-attaquait en liaison avec le 164e R.I. et infligeait à l'ennemi des pertes considéra­bles. A 9 h 10, le front était intact.

Le Lieutenant AUJARD, à la tête d'un peloton de la 23e Cie, se lance à la contre-attaque d'un assaillant plusieurs fois supérieur en nombre, avec une audace et une vigueur telles qu'il l'arrête sur place, et, en arrivant au corps à corps, le fait refluer en dé­sordre vers ses lignes de départ. Il tombe blessé d'un coup de pistolet à la cuisse. Mais à ce moment le Capitaine OUTARDEL, à la tête de sa section de réserve de la 22e Compagnie, prend l'ennemi de flanc et, dans un élan magnifique, le met en dé­route.

On vit également le Lieutenant GASSIS, de la C.M. 6 s'avancer audacieusement avec deux mitrailleuses, se mettre en batterie avec une rapidité inouïe, et, prenant d'enfilade, sous un feu meurtrier, la ligne ennemie, la contraindre à un recul précipité.

A la suite de ces combats, la 72e Division reçut de vives féli­citations du Général commandant l'Armée et, dans un ordre du jour, le Général FERRADINI pouvait écrire à ses troupes : 

« Le 20 mai, vous avez été admirables d'élan ! Aujourd'hui, vous vous êtes surpassés par une ténacité indomptable. Les 3 régiments se sont prêté un mutuel appui. Comme dans le passé, le Pays peut compter sur vous dans l'avenir. Partout où il nous appellera, nous serons ses fils glorieux de la Mar­ne, de la Champagne ».

Le même ordre du jour n° 3, de l'infanterie divisionnaire, disait :

« Pendant l'attaque du 20 mai, pendant les dures journées qui ont suivi, les 164e, 324e et 365e ont montré un élan, un courage, une ténacité qui ont fait l'admiration de tous ».

Après ces durs combats, le 324e fut prévenu qu'il serait relevé dans la nuit du 5 au 6 juin. Des évènements imprévus empêchè­rent cette dernière relève d'avoir lieu ; en ligne depuis le 12 mai, après avoir mené une offensive magnifique et résisté victorieusement à deux contre-attaques formidables, le régiment ne quittait la Fosse Froide que le 8 juin.

Mais l'ordre n° 2248 du Général FERRADlNI, commandant la 72e D.I. venait le récompenser de son magnifique effort :

« Mont-Haut, le 6 juin 1917 :

« Vous avez vaincu l'ennemi, c'est déjà bien. Mais il fallait da­vantage. Malgré votre, extrême fatigue, il fallait tenir encore sur les importantes positions conquises.

Quand vous avez su pourquoi on demandait à votre vaillance ce nouvel effort, vous vous êtes raidis dans un sursaut magni­fique et vous avez répondu d'une voix unanime : « C'est compris. On tiendra tant qu'il faudra. Fatigués, on ne l'est plus ».

« Ce geste, seules, des troupes d'élites étaient capables de le faire. Bravo, les gars du 324e ! Bravo, les dignes officiers qui êtes à leur tête ! »

Après un repos d'un mois dans la région de Brienne, la 72e Division, repassant au 30e Corps, revint dans la région des Monts.

COMBAT DU TETON

Le 9 juillet, le 324e était en ligne dans les quartiers des Cascons et du Casque. Le 14, il attaquait sur le Téton dans le but de désorganiser les préparatifs offensifs de l'ennemi en devan­çant son attaque, en s'emparant d'une partie de ses tranchées de départ.

Le 4e Bataillon ayant éprouvé de grosses pertes du fait du tir de contre-préparation ennemie, il fallut le renforcer et remonter l'attaque sous le bombardement. Malgré ces difficultés, à l'heure dite, 19 h 45, les vagues des 22e, 13e, 15e et 19e compagnies s'élancèrent. A 19 h 48, elles sautaient dans les tranchées adverses dont elles s'emparèrent.

Le Capitaine OUTARDEL fut encore à l'honneur, et entraîna sa compagnie avec toute la fougue qui le caractérisait. Griève­ment blessé à l'épaule, il n'abandonna la ligne de feu qu'une fois sa mission remplie.  

Le 15 juillet, l'ennemi contre-attaquait en pure perte. Et c'est ce jour-là que le Lieutenant BECKER qui lançait la grenade à plus de 60 mètres, seul avec deux hommes qui le ravitaillaient en projectiles, tint en échec toute une ligne de grenadiers enne­mis et la força à reculer. De son côté, le Sous-Lieutenant COTINEAU, n'ayant plus au­tour de lui que quelques blessés, tue à bout portant plusieurs ennemis qui l'entourent et continue seul le combat jusqu'au mo­ment où il tombe mortellement frappé. Enfin, le soldat GUÉRIN, de la 17e Compagnie, dirigea un feu de F.-M. tellement précis sur les vagues d'assaut ennemies que celles-ci refluèrent en désordre dans leurs tranchées, dès les premières rafales.

Dans la nuit du 16 au 17 juillet, le régiment était relevé.

A l'occasion de cette attaque, le Général FAYOLLE, commandant le Groupe d'Armées du Centre, le Général GOURAUD, com­mandant la 4e Armée, le Général CHRÉTIEN, Commandant le 30e Corps, adressèrent leurs félicitations à la 72e Division.

Mis au repos au camp de Châlons, le 324e remonta en lignes le 17 août à la Main de Massiges où la 72e Division prenait un secteur.

Il occupa d'abord le sous-secteur de Beauséjour, puis celui de Courtine, où le 1er septembre, il s'empara de 8 prisonniers au cours d'un coup de main heureux.

Le 14 septembre, il revint avec sa division dans la région des Monts et tint les quartiers de la Cage à Poules et du Casque du 24 septembre au 3 novembre. Apres un mois de repos. Il termina l'année dans les quartiers Désert et Cratère qui constituaient le secteur Brouette aux environs de Ville-sur-Tourbe. Il y arriva le 3 décembre sous les ordres du Lieutenant-Colonel de BERCEROL DU MOULIN qui avait remplacé le Lieutenant-Colonel BUREAU le 3 octobre.

1918

Le 31 janvier, la Division étant mise au repos pour un mois, le 324e quitta le secteur Brouette pour la région de Suippes, dans les quartiers Jacques et Sablesse (sous-secteur de la Rose). Il demeura jusqu'au 27 mars dans ce secteur réputé dangereux pour les gaz. Le 12 mars, le Lieutenant-Colonel PELACOT rem­plaça à la tête du régiment le Lieutenant-Colonel DE BERGEROL DU MOULIN.

Le 27 mars, retournant au repos, la division revient dans la région de Suippes. Les 13 et 14 avril, quittant la Champagne pour les environs de Compiègne, et étant affectée au 2e Corps (Général PHILIPOT), elle passait en réserve de la 3e Armée (Général HUMBERT), le 324e, dans la zône de Montmartin, la Garenne, Marquéglise. Employé à des travaux divers, le régiment se familiarisa avec les chars d'assaut, dont l'emploi commençait à devenir intensif.

Le 5 mai, il montait en ligne dans le sous-secteur de Ville, avec un front de 1 800 mètres et se mettait immédiatement au travail pour donner aux positions la force défensive qu'elles n'avaient pas eu le temps d'acquérir depuis les derniers com­bats de fin mars et commencement avril.

Le 2 juin, le 365e étant retiré du front, le 324e prit son sec­teur et occupa la Bernarderie, à gauche de Ville. Ce sous-sec­teur avait une organisation des plus précaires ; pas de ligne de soutien, les groupes de combat n'étaient point entourés de dé­fenses, les communications avec l'arrière étaient pour ainsi dire inexistantes. Le front du régiment atteignit 3 600 mètres.

Depuis l'attaque allemande du 27 mai sur l'Aisne, le 324e multipliait les coups de main et les patrouilles pour renseigner le commandement. Le 4 juin, devant les menaces d'attaque de l'ennemi, l'ordre arriva de ne laisser sur la rive nord de la Divette que de faibles éléments de couverture, la défense devant être concentrée au sud du ruisseau ; pour donner le change, les démonstrations continuèrent contre les lignes adverses, te­nues constamment sous la menace d'une attaque.

COMBATS DE VILLE ET DE LA BERNARDERIE

Le 8 juin, à 23 h 50, après un calme anormal de l'artillerie et de l'infanterie allemandes, qui donne à penser que l'offen­sive est proche, un véritable ouragan de fer, de fumée et de gaz toxiques s'abat sur le sous-secteur. Les tranchées, les villages de Ville et de la Bernarderie, les Carrières sont écrasées par des projectiles de 150, de 210 et de 305. Toutes les liai­sons sont coupées. Les pigeons eux-mêmes ne peuvent servir à rien, se refusant à voler dans l'atmosphère de fumée épaisse qui remplit la vallée de la Divette.

Le 9 juin, à 3 h 20, l'attaque se déclanche sur la rive nord, défendue tant bien que mal par les quelques hommes qui ont échappé aux tirs de destruction. Une heure après, l'ennemi borde la Divette, mais le rôle des éléments de couverture a été largement rempli.           .

A 6 h 30, une tentative ennemie pour franchir le ruisseau est arrêtée net. Mais, le régiment à gauche du 324e, semble refuser sa droite. A 9 h 10, la liaison est perdue avec ses unités qui se replient, et, l'ennemi, profitant de leur recul, pénètre dans le bois des Ornières. Le 4e Bataillon du 324e, qui tient la Bernar­derie est obligé, devant la menace, de rabattre sa compagnie, d'aile en crochet défensif à 11 heures. En même temps, l'ennemi passe la Divette et cherche à tourner la droite du régiment.

A 12 h 15, la situation est rétablie : deux compagnies du 6e Bataillon ont rejeté l'ennemi hors du bois des Ornières. Il n'a pu se maintenir au sud de la Divette.

Mais l'ennemi progresse à l'ouest du secteur. Il est signalé dans le bois des Ormeaux et, à 17 heures, renforcé, il pénètre de nouveau dans le bois des Ornières. A 19 h 30, il l'occupe en totalité et la situation est grave, le 6e Bataillon ayant été enlevé au régiment et chargé d'une mission spéciale.

A 23 h 45, la situation est de nouveau rétablie. Avec l'aide de deux compagnies du 164e, le 4e Bataillon a repris le bois des Ornières et occupé nord et ouest du bois des Ormeaux.

La nuit est calme. La journée s'ouvre par un télégramme de félicitations du Général commandant la 3e Armée à la 72e Divi­sion dont la belle résistance a permis de maintenir intact le front est de l'Armée.

Dans la matinée, l'ennemi est signalé dans le bois des Ours, menaçant ainsi la ligne de repli du régiment. Mais un mes­sage de la Division enjoint de tenir quand même et le régiment tient.

Progressant sous le couvert des bois, l'ennemi atteint Hamel à 14 h 30. Deux heures après, le régiment reçoit l'ordre de repli.

Seul, le 6e Bataillon peut atteindre la seconde position. Le Lieutenant-Colonel et sa liaison, accueillis au pont de Ribécourt par des coups de mitrailleuses, doivent passer le Canal et l'Oise, vers Pimprez sur des radeaux établis par le Génie. Le débit de ces radeaux étant insuffisant, le 5e Bataillon qui les emploie, doit franchir en grande partie l'Oise et le canal sur des radeaux de fortune établis avec des matériaux trouvés sur place (plan­ches, portes, caillebotis). Certains éléments, engageant le com­bat aux avancées de Ribécourt et longeant l'Oise, réussissent à se faire jour. Seul, le 4e Bataillon engagé à fond, ne peut reve­nir. Il a d'abord reçu l'ordre de tenir coûte que coûte, puis de ne reculer que pas à pas : c'est sur sa résistance que repose le passage de l'Oise. Il le sait et, stoïquement, avec son admira­ble chef, le Commandant PROVOST, il se dévoue.

Le régiment se rassembla à Janville. Il avait perdu 20 offi­ciers et 1 148 hommes de troupe. Mais il pouvait être fier de son oeuvre ; les objectifs donnés aux troupes allemandes de l'attaque frontale pour le premier jour étaient les Carrières. 40 heures après le début de son attaque, l'ennemi était encore à la Divette.

La belle conduite du régiment lui valut, de la part du Général MORIER, qui, le 1er mai 1918 avait pris le Commandement de l'infanterie divisionnaire en remplacement du Colonel BATAILLE, une proposition de citation à l'ordre de l'armée avec le motif suivant :

« Superbe régiment, qui a donné, à maintes reprises, des preuves éclatantes de ses belles qualités de ténacité et d'abné­gation.

« A Verdun en février, à Blaches en juillet 1916, en Champagne sur les Monts en 1917, où il a tenu sous un bombardement intense et dans des conditions particulièrement pénibles et jusqu'à l'extrême limite de ses forces, et mérité par sa belle endurance, les éloges du Haut Commandement.

« Les 9 et 10 juin, devant Noyon, le 324e R.I., sous les ordres du Lieutenant-Colonel DE PELACOT, a tenu pendant 40 heu­res, sous un ouragan de fer et d'obus toxiques, le terrain qui était confié à sa garde. Ses hommes, le masque à la figure, n'ont cessé de repousser les attaques de l'infanterie ennemie par leurs feux ou leurs contre-attaques répétées. Dans la soirée du 10, le 324e, entouré de tous côtés, ne s'est replié que sur un ordre et grâce à sa splendide énergie, est parvenu à se frayer un chemin ».

Le Général Commandant l'I.D. 72.

Signé : MORIER.

Cette proposition de citation fut transmise avec les avis suivants :

Du Général FERRADINI, commandant la 72e Division : Très favorable.

« En contre-attaquant continuellement, ce régiment a maintenu toutes ses positions et pris a son compte le combat sur son flanc gauche découvert par le retrait de ses voisins. »

Du Général PHILIPOT, commandant le 2e Corps d'Armée : Favorable.

Du Général HUMBERT, commandant l'Armée :

« La 72e Division avait maintenu l'intégrité de tout son front, grâce à la vaillance du 164e et du 324e régiments d'infanterie.

« L'effondrement de la 53e Division, seul, a imposé une retrai­te qui s'est effectuée dans les conditions les plus critiques, en passant l'Oise par des moyens de fortune. Cette opération n'a pu réussir que grâce à la valeur de ces régiments. »

Malheureusement, pour le 324e, il ne remonta pas en ligne. Des raisons impérieuses, devant la situation des effectifs, obligèrent le Haut Commandement à supprimer un certain nom­bre de régiments. Or, le 324e, après son sublime sacrifice, était réduit à l'état de squelette : il était impossible de le re­constituer. Sa dissolution fut donc prononcée et, le 9 juillet, il passait ce qui lui restait de cadres et d'hommes aux 164e et 365e.

Si la dissolution du régiment l'empêcha d'être cité à l'ordre de l'armée et termina sa carrière de gloire, il a le droit d'être fier de ses exploits. Les témoignages du Haut Commandement sont là pour affirmer son héroïsme et son esprit de sacrifice.

Et, quoique dissous avant la mémorable contre-offensive qui devait faire tourner la faveur des armes, il peut hautement revendiquer la gloire d'avoir, pour une large part, par sa résis­tance, son énergie et sa magnifique endurance, contribué à la victoire finale.

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Jean-Pierre Vigineix - dans Guerre 1914-1918
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13 mars 2007 2 13 /03 /mars /2007 19:04

DÉCÉDÉS

Chef de Bataillon : JEANSON, Paul Louis.

OFFICIERS

Capitaines : BABIN, Frédéric. CESSOT, Louis. DELPHAUT, François. DE LAMBERT DES CHAMPS DE MO­REL, Jacques. NIERENDORF, Ernest. TOUSSAINT, Cyrille.

Lieutenants : AUJARD, Maurice. BEYNET, Eugène. BRUNEAU, Léon. CHALIES, Guillaume. CLÉMENT, Louis. FÉRON, Pierre. HONORÉ, Albert. JUILLARD, Emile. LEMAIRE, Joseph. TOURLIER, Henri.

Sous-Lieutenants : ARNAULT, Etienne. BRIDARD, Gaston. CAZANOBA, Pierre. CHUBERRE, Joseph. GUILHAUMON, Raoul. LAIZET, Henri. LÉPINE, Albert. LESAGE-DUHAZAY, Jean. MAHIEUX, Jules. MASSARD, Edmond. PERRAUD, Henri.

Médecin aide-major de 2e classe : COQUIDÉ, Gustave.

Aspirant : SIMONIN, Marcel.

Adjudants : BOUZIGUE, Albert. CAZALS, Emile. CROSNIER, Emile. DAMELINCOURT, Laurent. JOLIVARD, André. LEFÈVRE, Désiré. PELLERAT, Marie. PENDU, Jean. QUÉAU, Alain. SURZUR, François. TESTAERT, Camille.

Sergents-Major : HARAN, Raymond. LEBOUCHER, Auguste.

Sergents : ALLARD, Louis. BEAUNE, Louis. BERTRAND, Jules. BEYT, Paul. BIESSE, Jean. BLAD, Camille. BLAREL, Eugène. BORNUAT, Jeanny. BOUTEILLER, Prudent. BRETON, Jean. BRIANT, Francis. CANCELLIERI, Vital. CHESNEAU, Francis. COMMÈRE, Emile. COMMÈRE, Louis. COULLAUD, Ernest. DECROIX, Elie, DELAHAIE, François. DIDY, Lucien. DUBOIS, Augustin. DURIEUX, Ferdinand. EMERY, Georges. FAUROT, Louis. FIQUET, Alexandre. FOUASSIER, Arthur. FRÉMONT, Maurice. GÉRET, Maximilien. GOBERT, Louis. GUILLERME, Germain. GUYON, Julien. HACQUE, Charles. HALLÉ, Edouard. HAREAU, Alfred. JARDIN, Placide. JOLIVET, Paul. LAMPÉRIÈRE, Emile. LEMOIGNE, Théophile. LEROUX, William. LEROY, Georges. LOHÉZIC, Joseph. MACÉ, Joseph. MALCOIFFÉ, Lazare. MALSANG,  Théophile. MARPAULT, Camille. MAUGENDRE, François. MÉCHIN, Pierre. MICHARD, Jean. MILLARD, Joseph. MINETTE, Denis. MONTAGNER, Gabriel. MOREAU, Georges. MORIN, Marcel. MOULIN, Gaston. PETIT, Eugène. PICHON, Ernest. POULAIN, Charles. PRÉVOTEAUX, Julien. PRINCÉ, Alfred. ROCHER, Jean. ROLIER, Louis. STINDEL, Auguste. THOMAS, Charles. THOMAS, Gédéon. VINCENT, Désiré.

Caporaux-fourriers : DÉAN, Marc. HÉRAUDE, Emile. RENOUT, Raoul, SAGNIER, Charles.

Caporaux : AINÉ, Léon. BASQUE, Louis. BEAUDOUIN, Fernand. BELOT, Paul. BERTHON, Félix. BESNARD, René. BOULAY, Joseph. BOURDIN, Étienne. BRUNEAU, Charles. CANNIOU, Eugène. CHACORNAC, Henri. CHAMFRAULT, Georges. CHAPRON, Pierre. CHEVROLLIER, Pierre. CLÉMENT, Emile. COLASSE, Georges. COLOMBIER, Alphonse. COQUIDÉ, Joseph. CORMIER, Pierre. DABADIE, Joseph. DESLANDES, Pierre. DESNOS, Placide. DUCLOS, Paul. FAHIER, Georges. FENIÈS, Emile. FERLIN, Raphaël. FOURNIER, Henri. FREISSEIX, Adrien. GALLAIS, Georges. GASNIER, Jules. GESLIN, Auguste. GOUIN, Lucien. GUÉRIN, Joseph. GUYOMARCH, Gabriel. HALLEY, Joseph. HUCHEDÉ, Clément. JAMOIS, Joseph. JOUATEL, Henri. LAFFAY, Emile. LAIDOIRE, Gustave. LANSLIN, Henri. LEFÈVRE, Albert. LEGUEU, Auguste. LELIÈVRE, Auguste. LEMONNIER, Paul. LEPAGE, Paul. LEROUGE, Marius. LESCUDIER, Raymond. LOYAU, Jules. MALSON, René. MONSIMIER, Albert. MORICE, Gaston. MORINEAU, Jean-Baptiste. MOUCHÈRE, Roger. PAILLARD, Joseph. PERLEMOINE, Jules. PERROTEAU, Joseph. PESLIER, Isidore. PIARD, Camille. PIED, Albert. PORTIER, Jules. POULAIN, Jean-Marie. POUTOUT, Martial. PRUDHOMME, Emile. RABOT, Constant. RAIMBAULT, Yves. RIBOT, Julien. RICAUD, Lucien. RICOTTEAU, Victor. RIGAUD, Emile. ROHART, Fernand. RUELI.E, Albert. SABIN, Joseph. SAURY, Robert. SAUVAGE, Georges. TESSÉ, Henri. THÉARD, Albert. TRIPOLY, Louis. TROUSSELLE, Alphonse. VANHERSEL, Paul. VIDAL, Emile. YVON, Marcel.

Soldats de 1re classe : BÉRALDI, André. BESNARD, Louis. BETTON, Alexandre. BEURIER, Henri. BÉRALDI, André. BESNARD, Louis. BOIS, Jean. BOURGUILLEAU, Jules. BRAULT, Georges. BRIANT, Georges. CHAPILLON, Louis. CHARLON, Henri. COLINS, Pierre. CORDIER, Albert. CORDIER, Jules. COSNARD, Auguste. DELÉTANG, Edmond. DELILLE, Augustin. DULIEU, Victor. FAUVEAU, Eugène. FOURMOND, Paul. GAUTRIN, François. GOUJON, Auguste. GUILMEAU, François. HEMERIE, Adolphe. HOUILLOT, Alexandre. JANQUIN, Léon. JEUDY, Joseph. LIZÉ, Pierre. LOCHARD, Jules. MARAIS, Ernest. MONNIER, François. MORCEL, Pierre. MORICE, James. MORVAN, Augustin. PERRAULT, Marius. PETIOT, Emile. RICARD, Jean-Pierre. TOURTEAU, Etienne. VERGER, Emile. VIEL, Victor.

Soldats de 2e classe : ADAM, Hubert. ADER, Dominique. ALAZARD, Marcel. ALMÉRAS, Joseph. ALUSSE, Auguste. ANCKIÈRE, Jules. ANDRÉ, Henri. ANDRÉ, Louis. ANNERON, Henri. APOLLINE, Alexandre. ARISTÉE, Joseph. AUBRY, Adolphe. AUBRY, Albert. AUBRY, François. AURELLE, Alexandre. BACHELET, Eugène. BACQUAERT, Elie. BADIER, Eugène. BADIER, Pierre. BALLU, Henri. BANTON, Joseph. BARBERY, René. BARBET, Louis. BARBIER, Georges. BARBOU, Gustave. BARON, Jules. BARRAIS, Jules. BARRÉ, Joseph. BASILLAIS, Basile. BAYON, Jean-Marie. BÉAL, Emile. BÉASSE, Valentin. BEAUDOIN, Jean-Baptiste. BEAUDOUIN, Henri. BEAUFILS, Emmanuel. BEAUFORT, Almire. BÉCHADE, Pierre. BÈCHE, Léon. BÉCHU, Eugène. BEDOUET, Hippolyte. BELLANGER, Alphonse. RELLOIR, Emilien. BENOIT, Pierre. BERNE, Isaïe. BERNE, Julien. BERTHELOT, Auguste. BERTHELOT, Francis. BESNIER, François. BEUCHER, Joseph. BEUCHER, Pierre. BEURY, Albert. BEYLIER, Jean. BIBRON, Louis. BIDAUX, Almire. BIDOCHE, Louis. BIGOT, Constant. BINET, René. BLANCHARD, Auguste. BLANCHET, Auguste. BLIN, Adolphe. BLOTTAS, Georges. BLUT, Joseph. BODÉ, Pierre. BODIN, Joseph. BOISTARD, Joseph. BONANT, Jean-Marie. BONNAUD, Gaston. BONNEL, Pierre. BONNIER, Benjamin. BONNIÈRE, Jean-Baptiste. BONNOT, François. BONVALLET, Joseph. BOUCHER, Jules. BOUET, Constant. BOUGRON, Régis. BOUILLON, Auguste. BOULANGER, Jules. BOULAY, Auguste. BOULAY, Clément. BOULAY, Constant. BOULET, Alfred. BOURBIER, Maurice. BOURDAIS, Emile. BOURDON, Victor. BOURGAULT, Constant. BOURGAULT, Joseph. BOURGEOLET, François. BOURGES, Hippolyte. BOURGUIGNON, Alfred. BOUTELOUP, Auguste, BOUTIER, François. BOUTON, Emile. ROUTRUCHE, Jean-Baptiste. BOUVIER, Jean-Baptiste. BOUVIER, Joseph-Ferdinand. BOUVIER, Joseph-François. BOUVIER, René. BOYAIS, René. BRAULT, Pierre. BRÉJOUIN, Edouard. BRÈS, Wilfrid. BRETON, Baptiste. BRETON, François. BRETONNIER, Joseph. BRETONNIÈRE; Louis. BRIENT, Pierre. BRILLANT, Auguste. BRILLET, Joseph. BRILLOUET, Charles. BROUSSIN, Jean. BRUEL, Jacques. BRULÉ, Louis. BRUNET, Gustave. BRUNET, Léon. BRY, Eugène. BULLENGER, Clément. BURGOT, Elie. BUTHIER, Jules. BUTTIE'R, Eugène. BUTTIER, Louis. CABIRO, François. CAILLAUD, Jules. CAILLIERET, Ernest. CAMPAGNE, François. CARBONNEAU, Emile. CARPENTIER, Raphaël. CARRÉ, Alfred. CARRÉ, Jean-Baptiste. CARRÉ, Joseph. CARRÉ, Louis, CARREZ, Joseph. CAUVEL. François. CÉBRON, Joseph. CERISIER, Henri. CERNET, Amédée, CHALMEL, Jean. CHAPLAIN. Marcel. CHARLES, Edouard. CHARPENTIER, Fernand. CHARPENTIER, Paul. CHASSEPOT, Alexandre. CHAUDRONNIER, Gustave. CHAUPITRE, Pierre. CHAUSSEY, Marcel. CHAUVEL, Emile. CHAUVIÈRE, Emile. CHAVIGNY, Armand. CHAZERAULT, Aristide. CHEFTEL, Emile. CHÊNE, Narcisse. CHÉNEAU, Louis. CHENET, Pierre. CHESNEAU, Ernest. CHEVALIER, Auguste. CHEVALIER, Hippolyte. CHEVREL, Louis. CHEVROLLIER, Ferdinand. CHICAULT, Victor. CHOISNARD, Joseph. CHOPIN, Pierre. CHRÉTIEN, Henri. CINTRAT, Georges. CIRON, Pierre. CLANET, Jean. CLASS, Charles. CLAVREUL, Armand. CLAVREUL, Honoré. CLAVREUL, Louis. CLIN, Gustave. CLOUET, Edouard. COCONNIER, Isidore. COIGNARD, Louis. COHU, Auguste. COLLET, Henri. COLLET, Marcel. COLLIN, Armand. COLOMIÈS, Alphonse. COPPIETERS, Anatole. COQUELIN, Albert. CORBIN, Albert. CORDESSE, Pierre. CORDINA, Auguste. CORMIER, Léon. CORNET, Paul. CORSIN, Joseph. COULON, Baptiste. COULON, Constant. COUPEL, Julien. COURRIER, Baptiste. COUSIN, Maurice. COUTURIER, Auguste. COUVIN, Emile. COUTURIER, Charles. COUTURIER, Louis. CRABBE, Jules. CRASNIER, Joseph. CRIBIER, Emile. CRONNIER, Augustin. CRUBLET, Victor. CULLERIER, Auguste. DARRIET, Jean. DAVID, Emile. DAVID, Louis. DAVID, Pierre. DAVOINE, Raoul. DAVOUST, Louis. DEBUSSCHÈRE, Henri. DEFER, Clément. DEJOIE, Marcel. DELAMARCHE, Albert. DELANGE, Albert. DELANOË, Alphonse.  DELASSALLE, Alphonse. DELATTRE, Louis. DELAUNAY, Alexandre. DELAUNAY, Joseph. DÉLÉPINE, Louis. DELIÈRE, Julien. DELIMOGES, Charles. DELON, Justin. DELPLACE, Victor. DELPY, Léon. DELSAUT, Eugène. DELTEIL, François. DEMOUIS, Edmond. DENAIS, Emile. DENEUX, Charles. DERBRÉ, Victor. DERENNES, Auguste. DESBARBIEUX, Félix. DESCHAMPS, Eugène. DESÉVÉDAVY, Pierre. DESHOUX, Joseph. DESLANDES, Fernand. DESLANDES, Jules. DESMOTS, Jean. DESNOS, Augustin. DESPLANCQ, Charles. DESREMAUX, Jean. DESSET, Charles. DESVAUX, Edouard. DESVAUX, Marcel. DEVY, Constant. DEWILDE, Victor. DIARD, Lucien. DINÉ, Maxime. DISLYS, Charles. DOISNEAU, Lucien. DOISY, Léon. DOLENNE, Charles. DOUBLET, Emile. DOUCET, Lucien. DOUDET, Aristide. DOUILLET, Albert. DREUX, Alexis. DROUIN, Constant. DUBOIS, Jean-Baptiste. DUBRAY, Emile. DUBREIL, Ernest. DUBUARD, Louis. DUCHATEAU, Achille. DUCHEZ, Michel. DUCLOS, François. DUFOUR, Célestin. DUFOUR, Fernand. DUFOUR, Julien. DUHAIL, Clément. DUHAMEL, Jean. DUHOU, Eugène. DUMEZ, Fernand. DUMONAL, Georges. DUNAIRE, André. DUPONT, Albert. DUPONT, Alexandre. DUPONT, Ange. DURAND, Auguste. DURAND, Eugène. DURAND, François. DURAND, Victor. DUTEIL, Eugène. DUTERTRE, Henri. DUVAL, Louis. DUVAL, Paul. DUVAL, Robert. DUVAL, Victor. EDON, Daniel. EGARD, Edmond. ERMONT, Emile. ESCHBACH, Georges. FACQ, Joseph. FAGUET, Joseph. FAILLIÉ, Jérôme. FAROUAULT, René. FAUCHET, Armand. FAYER, Joseph. FER, Claude. FERRAND, Joseph. FERRAO, Henri. FERRÉ, Auguste. FERRET, Léopold. FERTÉ, Eugène. FÉVRIER, Alexandre. FÉVRIER, François. FLEURET, Jules. FORGET, Charles. FORGET, Henri. FORTIN, Emile. FORVEILLE, Alexis. FOUASSIER, Pierre. FOUCAULT, Auguste. FOUCHER, Constant. FOUCHER, Henri. FOUCHER, Julien. FOUCHER, Joseph. FOUGÈRES, Isidore. FOUILLAND, Félix. FOUQUERAY, Adolphe. FOUQUET, Joseph. FOURMOND, Joseph. FOURNIER, Alphonse. FOURNIER, François. FOURNIER, Hippolyte. FOURNIER, Jean-Baptiste. FRANÇOIS, Eugène. GAGNER, Louis. GAHÉRY, Pierre. GAIRIF, Alfred. GALARD, Léon. GALLAIS, Achille. GALLAIS, Charles. GARNIER, Eugène. GARNIER, Fulgence. GARNIER, Henri. GARY, Albert. GASSELIN, Eugène. GASTINEAU, François. GAUDIN, Alexis. GAULTIER, Emile. GAULTIER, Joseph. GAUTIER, Elie. GAY, Clément. GÉMIN, Henri. GENDRY, Emile. GENDRY, Eugène. GENOUD, Guérin. GEORGET, Ernest. GERBAULT, Henri. GERBOUIN, Alphonse. GÉRÉ, Gustave. GESLAIN, Joseph. GESLIN, Henri. GIGAN, Joseph. GILARD, François. GILLES, Pierre-Joseph. GIORDAN, Marius. GIRARD, Pierre. GOSNET, Auguste. GOUABAU, Michel. GOUESSE, Auguste. GOUESSE, Joseph. GOUILLIER, Gabriel. GOULAS, Marie. GOULLIER, Ferdinand. GOURAND, Henri. GOURY, Paul. GOUSSÉ, Alexis. GOUTTE, Ernest. GOYAU, Lucien. GRANDIÈRE, Gustave. GRANGÉRÉ, Jules. GRUDET, Pierre. GUAINE, Paul. GUÉDON, Louis. GUÉGAN, François. GUÉRIN, François. GUÉRIN, Léon. GUERRIER, Eugène. GUERRIN, Auguste. GUIBOUT, Emilien. GUICHARD, Ferdinand. GUIDEAU, Maurice. GUILLOIS, Louis. GUINOISEAU, René. GUION, Emile. GUYARD, Adolphe. GUYARD, Constant. GUYARD, Constant-Michel. HAMELIN, Jean. HAMELOT, Félix. HANIL, Pierre. HAQUEBERGE, Edouard. HARDOUIN, Arsène. HAUTBOIS, Prosper. HAVETTE, Louis. HAYER, Pierre. HELLEUX, Auguste. HENRY, Baptistin. HÉRAUT, Auguste. HERBINIÈRE, Victor. HERROUIN, Joseph. HERVER, Louis. HEURTIN, René. HILAIRE, Lucien. HIRON, François. HOUDBINE, Lucien. HOUILLOT, Julien. HOURDIER, François. HOUSSAY, Joseph. HOUTIN, François. HOUTIN, Joseph. HOYEZ, Adolphe. HUBERT, Jean-Baptiste. HUBERT, Joseph. HUBERT, Louis. HUCHEDÉ, Pierre. HUET, Jules. HUET, Jules-Marie. HUMEZ, François. HUYARD, Aimé. JACQUET, Marie. JAFFRÈS, Edern. JAILLET, Léon. JANVRIN, Alfred. JARRY, Georges. JAUBERT, Jean. JÉGU, Emile. JÉGU, Léon. JENTY, François. JOLLIVEL, Alfred. JOLY, Joseph. JOSEPH, Zacharie. JOURDAN, Armand. JOURNÉE, Louis. JUBAULT, Auguste. JUBEAU, Louis. JULLIARD, François. KAYL, Joseph. KERRIEN, Jean. KLÉMANN, Paul. LABBÉ, Joseph. LABBÉ, Victor. LABÉ, Alfred. LACOSTE, André. LACOUR, Jean. LAIR, Paul. LALANDE, Jules. LAMARCHE, Constant. LAMBERT, Jean-Marie. LAMY, Joseph. LANDAIS, Adolphe. LANDELLE, Henri. LANEAU, Adolphe. LANOS, Aimable. LARBALETRIER, Joseph. LAUZERAY, Eugène. LAVANCIER, André. LAVANNIER, Jules. LAZÉ, Henri. LEBAILLIF, Constant. LEBERGER, Pierre. LEBOUC, Pierre. LEBRETON, Louis. LE BRETON, Paul. LE BRIS, Charles. LECLERC, Auguste. LECLERC, François. LECLERC, Constant. LECLERC, Jules. LECOMTE, Etienne. LÉCUYER, Emmanuel. LEFAUCHEUX, Baptiste. LEFEUVRE, Jules. LEGEARD, Louis. LEGRAND, Jean. LELIÈVRE, Emile. LEGRAND, Jules. LELOUP, François. LEMANCEAU, Arthur. LE MERCIER, Albert. LENOIR, Adrien. LENOIR, Victor. LE PALLEC, Joseph. LEPEC, Stanislas. LEPONT, Gilles. LEPRUNIER, Eugène. LERICHE, Eugène. LEROUX, Albert. LE ROY, Auguste. LEROY, Prosper. LETERME, Eugène. LETEURTRE, Louis. LEVRARD, Henri. LHERMITTE, Alphonse. LHOMMEAU, Alexandre. LHÔTE, François. LHOTELLIER, Paul. LHUISSIER, Ferdinand, LION, Auguste. LION, François. LIVET, Auguste. LIZÉ, Joseph. LOISON, Louis. LORIÈRE, Aimable. LOUATRON, Jules. LUCAS, Léon. MACÉ,  Louis. MAGNIEN, Jules. MAHÉ, René. MAHIER, Frédéric. MAHIER, Jacques. MAILLET, Lucien. MALÉPART, Marie. MALESCOURT, Florentin. MALMOUCHE, Clément. MANGÈRE, Jean. MARAIS, Joseph. MARANGÉ, Marius. MARAQUIN, Henri. MARCADÉ, Alphonse. MARCHAIS, Georges. MARCHAND, Eugène. MARIA, Baptiste. MARJOT, Pierre. MAROT, Jules. MARPEAU, Jean. MARSOLLIER, Arsène. MARSOLLIER, Louis. MARTEAU, Ferdinand. MARTEAU, Jules. MARTIN, Almire. MARTIN, Georges. MARTIN, Jean. MARTIN, Joseph. MARTIN, Louis. MARTINEAU, Victor. MARY, Ernest. MASSAL, Charles. MASSIN, Hyacinthe. MAUPOINT, Frédéric. MEIGNAN, Eugène. MEIGNAN, Louis. MEIGNAN, Théodore. MENAN, Alexandre. MENSEILIN, Moïse. MENUT, Daniel. MERCIER, Alfred. MERCIER, Auguste. MERCIER, Jean-Baptiste. MERCIER, Yves. MÉSANGER, Georges. MÉTAYER, Jules. MÉZELLE, Jean-Baptiste. MICHAUD, Raoul. MICHEL, Eugène. MILLON, Jean. MINARD, Jean. MOBUCHON, Pierre. MOLES, Joseph. MONCEAU, François. MONGERMONT, François. MONNIER, Gustave. MONNIER, Jean. MOREAU, Célestin. MOREAU, Ferdinand. MOREAU, Louis. MOREL, Jean-Marie. MOREL, Marcel. MORICEAU, Victor. MORIN, Eugène-Marie. MORIN, Eugène-Paul. MORIN, François. MORIN, Jean. MORIN, Pierre. MORNE, Célestin. MOTTIER, Hippolyte. MOTTAIS, Joseph. MOULINS, Ernest. MOUSSU, Joseph. MULOT, Emile. NAULT, François. NEVEU, François. NICOLAS, Adrien. NICOLAS, Jean. NOËL, Louis. NOUVIALE, François. NOYER, Emile. OGIER, Eugène. OHRAN, François. ORAIN, Raoul. OSIRIS, Auguste. PAGNOUX, Henri. PAILLARD, Joseph. PAILLOUX, Michel. PALHOL, Louis. PANNIER, Clovis. PANNIER, Fernand. PANNIER, Victor. PARIS, Emile. PARIS, Georges. PARRET, Marien. PASCAL, Albin. PASQUIER, Jean-Baptiste. PATTIER, Paul. PAUTY, Jean-Baptiste. PAVEC, Henri. PÉCHARMANT, Louis. PÉJU, Jean. PELLÉ, Pierre. PELTIER, Frédéric. PENIDE, André. PÉRÈS, Henri. PERRIER, Auguste. PERRIER, Joseph. PERRIN, Pierre. PESCHARD, Auguste. PESCHARD, Louis. PETITCOLAS, Jean-Baptiste. PEYRAMAURE, Paul. PHILIDET, Benoît. PICARD, Henri. PIERRE, Célestin. PILLARD, Victor. PINAULT, Louis. PINCHARD, Alfred. PINET, Marcel. PINOT, François. PIOCH-NOUAILHAC, René. PIQUET, Baptiste. PLANCHENAULT, Auguste. PLANCHENAULT, Ferdinand. PLOURABOUÉ, Joseph. PLU, Théodore. PLUMAIL, Georges. POIGNET, Jean-Baptiste. POISSON, Gaston. PONCELET, Auguste. PONTHET, Charles. PONTON, Georges. PORCHER, Jean-Marie. POTTEZ, Félicien. POTTIER, Albert. POTTIER, Paul. POUTEAU, Louis. POUZAUD, Pierre. PRIANT, Eugène. PRIMAULT, Julien. PRIOUX, Adolphe. PROTAT, Emile. PROVOST, Julien. PUISSANT, Lucien. QUIÉVREUX, Louis. QUILLET, Julien. RAGONNAU, Jean. RAGOT, Eugène. RAPAUD, Noël. RATIER, Jean-Baptiste. RAULT, Louis. RAYNAL, Philippe. RECOURCÉ, Louis. REDON, Pierre. REGNIER, Armand. REGUIN, Aimé. REY, Jules. RICOU, Louis. RICHARD, Jean-Baptiste. RICHER, Georges. RICHOMME, François. RICORDEAU, Ernest. RIEFFEL, Jean-Baptiste. RIEU, Antoine. RIGUET, Alexis. RIOU, Charles. RIOU, Jean. RIVÉ, Jean. RIVET, François. ROBERT, Jean-Baptiste. ROBERT, Léon. ROBIN, Alexis. ROBIN, Auguste. ROBIN, Edouard. ROLLAND DE CHAMBAUDOIN D'ERCEVILLE, Bernard. ROMANE, Joseph. ROUBINET, Pierre. ROUILLARD, Paul. ROUL, Pierre. ROUILLIAUX, Joseph. ROULOIS, François. ROUSSEAU, Charles. ROUSSEAU, Edmond. ROUSSEAU, Henri. ROUSSEAU, Jean. ROUSSEAU, Louis. ROUSSEAU, Victor. ROUSSEL, Jules. ROUSSELIN, Alphonse. ROUX, Ange. ROYER, Victor. RUAULT, François. RUEL, Elie. SABY, Alfred. SAGET, Joseph. SAGET, Julien. SAINT-ANTOINE, Nicolas. SALAVILLE, Louis. SALLÉ, Jean. SAMSON, Georges. SAUBOUA, Guillaume. SAUQUET, Louis. SAURY, Joseph. SAUVAGE, Joseph. SENCIER, Félix. SERRE, Eugène. SIMON, Antoine. SIMON, Georges. SIMON, Joseph. SOCHON, Charles. SONNET, Baptiste. SORIEUL, Léon. SOUMEILLAN, Jérosyme. SOUQUE, Baptiste. STEENHOUT, Désiré. TAFFORE.AU, Alexis. TASSART, Théodore. TELLIER, Victor. TERTRAIS, Frédéric. TESSIER, Ferdinand. TESTIER, Alphonse. TEXIER, Jean. THIÉBAUX, Jules. THILLY, Maurice. THIREAU, Camille. THIREAU, Eugène. THUILLIER, Henri. TIZON, Pierre. TONNELIER, Georges. TOUCHARD, Jean. TOULEAU, Julien. TOUZET, Henri. TRUCHE, Amédée. TURCAS, Jean-Baptiste. TURPAULT, Joseph. VAILLANT, Félix. VALET, Henri. VARINOT, Hippolyte. VARLET, Edmond. VARLET, Jules. VARNEROT, Numa. VASSEUR, Léon. VEAU, Auguste. VELLIER, René. VERGER, Eugène. VERGER, Jules. VIDRINES, Victor, VIGER, Arthur. VIGINEIX, Jean. VINCENT, Jean. VINSONNEAU, Georges. VIOT, Arsène. VISEUR, Victor. VOISY, Joseph. ZITTER, Jules.

Service auxiliaire : ROUSIER, Norbert.

DECEDES EN CAPTIVITE

Adjudant : HARPE, Jean-François-Marie.

Sergents : ABRIANI, Lucien. BOURGIN, Auguste-Jean-Marie. DAVY, René-Frédéric-Joseph. FOUQUENET, Henri-Marie-Joseph. GEISENBERGER, Albert. LASSAIGNE, Ernest-Rémi. MADELINE, Daniel.

Caporaux : DÉRACHE, Clément-Gustave. GAUCHE, Marcel-Adolphe. PROSPER, Emile. ROLLAND, Charles.

Soldats de 1re classe : CALSAC, Lucien-Antoine-Julien. DURAND, Francis-Léon. GARNIER, Eugène-Auguste. METTAIS, Georges. PIROIS, Jean-Marie. RALLU, Ferdinand. ROUSSEAU, Jules.

Soldats de 2e classe : BÈCHE, Anatole-Léon. BEUCHE, Marie-Joseph. BONNEAU, Victor-Marie. BOULAIS, Francis-Joseph. BRIDE, Lucien-Louis. CHAILLES, Constant-Louis. COLOMBET, Sylvain-Paul. COQUELIN, Léon-Paul. DALIBARD, Auguste-François. DELINE, Jean-Marie-Toussaint. DENUAULT, Jean-Baptiste-Louis. DESBOIS, Paul-Charles-Louis. DOISNEAU, Aug.-Albert-Alphonse. DURAND, Jean-Baptiste. FALEMPIN, Amédée-Vincent.  FONTAINE, François-Firmin. FORESTIER, Ambroise-Théodule. FOUCHER, Joseph-Georges. FOUQUET, Jean-Marie-Pierre. GAUDRÉ, Eugène-Alphonse. GAUTIER, Louis-Emile. GRIMAULT, Pierre-Jean. HERVAGAULT, Louis-Guy-Marie. HESSANT, François-Armand. KERMARC, Pierre-Marie. LAMBERT, René-Louis. LEROY, Léon. LÉVÊQUE, Henri. LOCQUENEUX, Jules. LORIOT, Joseph. MADOURAUD, Léonard. MAUBERT, Raoul. MONNIER, Louis. MOUILLERAC, Léopold. PELAY, Pierre. PETIT, Justin. PÉTRY, Arthur. PLANCHAIS, Gustave. ROHART, Henri. ROBIN, Pierre. TENDRON, Louis. TUPIGNY, Léon.

DISPARUS

Adjudant : CHAMPÉMOND, Jean.

Sergents : BOUVIER, Anatole. CAUBET, Louis. CHAMPDAVOINE, Alexandre. CHEVALLIER, François. CONORD, Alphonse. CONTE, Augustin. GATTECHAUT, Edouard. JAN, Louis. JUPIN, Julien. LANDELLE, Léon. LAURUE, Georges. LE ROUZIC, Guillaume. MALAGNOUX, Auguste. MANDAGAREN, Jean. MAUGER, Charles. PLÉ, Jules. SAVOYE, Marcel. VINCENT, Léon.

Caporaux : BESSON, Jean. BLIN, Eugène. BOUTIER, Emile. BRUN, Jean-Marie. CIZÉ, Ernest. DEROUIN, Lucien. DESDIONS, Emile. DROUIN, Paul. EUSTACHE, Henri. GOURVEZ, Jean. FROGÉ, Louis. HUE, Aristide. KLAÈS, Lucien. MAIGNAN, Jules. MAISSE, Vital. NOËL, Jean-Marie. PERHO, Jean-Baptiste. PETIT, Louis. POULAIN, Henri. SAINTIER, Charles. TROUILLARD, Louis. VELLEAUD, Etienne.

Soldats de 1re classe : BÉRHAULT, Jules. BOUVET, Auguste. CHEDMAIL, Francis. DOUDET, Constant. GAGNER, Emile. GONTHIER, Elie. JOLY, Ernest. LAUNAY, Joseph. MIGNOT, Victor.

Soldats de 2e classe : ACARI, Joseph. ACHILLE, Théodore. ALAPHILIPPE, Albert. AUBERT, Georges. AVRIL, Victor. BARDOU, Georges. BEAUCHÊNE, François. BEAUJEAN, Julien. BÈCHE, Albert. BESLARD, Ernest. BESNIER, Vital. BIGEAULT, Fortuné. BLANC, Gabriel. BLANCHOUIN, Léon. BLAS, Edmond. BODARD, Louis. BOULAIN, Paul. BOULAY, Auguste. BOURDAIS, Jules. BOURDOIS, Ferdinand. BOUVET, Jean-Marie. BRAULT, Félix. BRÉHIN, Georges. BRIGAULT, Roger. BRILLET, Louis. BRION, Adolphe. BUCHET, François. BUQUET, Jean-Marie. BURGEOT, Georges. CAILLOT, Eugène. CAMARET, Maurice. CAMPAGNE, Jean. CANIOU, Alexandre. CARBOIS, René. CESSE, Henri. CHADAIGNE, Edouard. CHADUC, Léon. CHAINTREAU, René. CHAMPALAUNE, Joseph. CHARBONNIER, Adrien. CHARDRON, Auguste. CHASSÉ, Théodore. CHAUVEAU, Georges. CHEMIN, Jean-Marie. CHEMIN, Léon. CHEVALLIER, Germain. COCHON, Auguste. COULANGE, Joseph. COULON, Raoul. CRIBIER, René. CROISSANT, Albert. CROTTÉ, Louis. CRUZEL, Alexis. DANIEL, Théophile. DAVID, Pierre. DAVY, Louis. DELAHAYE, Henri. DELAUNAY, Emile. DELIÈRE, François. DEMAIRE, Paul. DEMEUDE, Albert. DEPELCHIN, Augustin. DESPRÈS, Marcel. DESTIVEAUX, Joseph. DESVAUX. Alphonse. DILY, Auguste. DODIN, Joseph. DOISNEAU, Auguste. DOMER, Joseph. DUCLOZE, Christin. DUPONT, Louis. DURAND, Armand. DURAND, Auguste. DUTAY, Joseph. DUVAL, Charles. DUVAL, Jean-Marie. FERRAND, Louis. FERRÉ, Arthur. FÉVRIER, Edouard. FILLEUL, Adolphe. FILLOL, Jean. FOREST, Emile. FORGET, Alfred. FORGIN, Henri. FORTIN, Georges. FOSSATI, Jean. FOUCAULT, Raphaël. FOUCHER, Jules. FOUCHER, Pierre. FOURNIER, Jean-Marie. FRANÇOIS, Gaston. FRILOUX, Casimir. GAILLARD, Jules. GALLAIS, Jean-Baptiste. GALLAND-STRUB, Jules. GALPIN, Louis. GANDON, Constant. GARRY, Paul. GEORGES,  Jean-Marie. GÉRARD, Emmanuel. GERBOIN, Auguste. GIGAND, Eugène. GIRARD, Constant. GOULVENT, Alphonse. GRENÊCHE, Louis. GUERRY, Albert. GUET, Louis. GUIBERT, Stanislas. GUILMAILLE, Henri. GUILMEAU, Auguste. GUINNARD, Alfred. HALBERT, Julien. HALIGON, Ambroise. HAMELIN, Valentin. HARDOUIN, Henri. HART, Eugène. HENRY, Gabriel. HÉRIAU, Ernest. HÉRIVEAUX, Jean. HOUDIN, Gabriel. HOUDU, Ernest. HUAUMÉ, Auguste. HUBERT, François. HUET, Auguste. HUNEAULT, Adolphe. JAMOLEAU, Joseph. JARRY, Maurice. FOUANON, Gabriel. JOUAULT, Jean-Marie. JULIEN, Louis. LARDEUX, Pierre. LAURENT, Charles. LABROUSSE, Henri. LEDOUX, Auguste. LEGEAI, François. LEHOUX, Constantin. LELIÈVRE, Louis. LEMARÉCHAL-NEY, Léon. LEMONNIER, François. LE PECQ, Auguste. LEROY, Louis. LESCURE, Jean. LUCAS, Charles. MAHÉ, Victor. MAHÉRAULT, Ernest. MAHÉRAULT, Henri. MAHÉRAULT, Victor. MAILLERIE, Auguste. MARIAGE, Joseph. MARPEAU, Armand. MARTIN, Edouard. MARTIN, Eugène. MARTINACHE, Henri. MAUGENDRE, François. MAURY, Abel. MAZARS, Henri. MEIRHAEGHE, Camille. MENANT, Désiré. MÉTAYER, Joseph. MÉZIÈRE, Louis. MOEVUS, Charles, MOITY, Eugène. MORAINNE, Marie. MORIN, Vital. MOUSSET, Louis. MURATET, Paul. NAUDIN, Jean. NARBONNE, François. NIVEAU, Alfred. OBRIER, Léon. OGER, Joseph. PAILLARD, Ernest. PAILLOUX, Camille. PALACIN, Jacques. PATIGNY, Gustave. PATOUILLE, Auguste. PAUMARD, Jules. PÉAN, Jean-Baptiste. PETIT, Louis-Eugène. PIEL, Victor. PILARD, Edouard. PLANCHENAULT, Charles. PLOUZEAU, René. POËLGER, Henri. PROUST, Alexandre. PYCKAERT, Prosper. QUILLET, Joseph. RAGOT, Léon. RAUSSIN, Arthur. REIGNER, Joseph. REVAULT, Auguste. RIMLINGER, Louis. RIOU, Jean-Baptiste. RIPAULT, Georges. ROGER, Georges. ROQUES, Irénée. SALMON, Léon. SIBUET, François. SIÉBERT, André. SIMON, Joseph. TEISSIER, Urbain. THÉBAULT, François. THINARD, Claude. THIREAU, Henri. THOMAS, Louis. TONNELIER, François. TOUCHAIS, Auguste. TOURNIER, Marcelin. VALLÉE, Eugène. VANDERSCHELDEN, Henri. VÉDRENNES, Pierre. VEILLET, Jean. VOISIN, Louis. VONIN, Paul. WASSELIN, Elie. 

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Jean-Pierre Vigineix - dans Guerre 1914-1918
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3 mars 2007 6 03 /03 /mars /2007 20:57

Le lieu de détention de Pierre VIGINET, l'Yonne, vaisseau à hélice, 1850-1876,

en rade de Brest du 31 mai 1871 au 3 décembre 1871.

Parmi le premier groupe de pontons-casernes affectés au service des insurgés de la Commune on trouve aussi :

l'Austerlitz, vaisseau à hélice, 1852-juillet 1872, en rade de Brest du 31 mai 1871 au 20 février 1872

et le Napoléon, vaisseau à hélice, 1850-1876, en rade de Brest du 31 mai 1871 au 28 avril 1872.  

 

Pierre VIGINET, prisonnier politique de 17 ans

Texte de l'acte de décès :

L'an mil huit cent soixante onze, le vingt-huit du mois d'octobre à dix heures du matin, par devant nous Ambroise Taburet, adjoint délé­gué, officier de l'état civil de la commune de Crozon, canton de Crozon, arrondissement de Châteaulin, sont comparus Alain Riou, âgé de vingt-sept ans, profession de canottier, domicilié à l'Île Tréberon-en-Crozon, et Louis Hascoet, âgé de trente-six ans, profession de marin, domicilié à l'Île Tréberon-en-Crozon, non-parent du défunt ; lesquels nous ont déclaré que VIGINET Pierre, serrurier en soudure, pri­sonnier politique, provenant du transport l'Yonne, âgé de dix-sept ans, fils de Pierre et de feue Claudine Butin, né à Paris, département de la Seine, entré à l'hôpital de Tréberon le vingt-deux octobre mil huit cent soixante onze, et y est mort le vingt-sept du même mois, à onze heures et demie du matin par suite de pneumonie, ainsi que nous nous en sommes assuré, et, après qu'il a été fait lecture aux com­parants du présent acte le premier témoin et signé avec nous le second a déclaré ne le savoir faire.

Signé: Riou, Taburet.

Pour copie certifiée conforme :

Le Greffier du Tribunal, GENTRIC

Son acte de naissance, du 19 février 1854, à Paris n'a pas été reconstitué. 
Il est le fils de Pierre [fils de Blaise et d'Anne Martin] et de sa deuxième épouse, Joséphine Claudine Butin [fille de Joseph Auguste et de Marie Élisabeth Brunet]. 
Frères et soeurs : Maria Joséphine ou Joséphine Marie (15 juin 1848-6 avril 1850), Joséphine Marie (jumelle) (2 juillet 1851-?), Eugène Louis (jumeau) (2 juillet 1851-?) ; 
Un peu d'histoire : 
Le 31 mai 1871, cinq trains de marchandises formés à Versailles, rive gauche, entrent en gare de Brest. Ils transportent 3 000 condamnés extraits des camps de Satory. Les jours suivants on achemine des convois de 1 200 prisonniers. 
Les convois se succèdent à cadence régulière jusqu'en juillet 1874. 
Les forts, les prisons militaires, les maisons centrales ne suffisent plus, on utilise les vieux bâtiments désarmés mouillés en rade de Brest, comme le Ville-de-Bordeaux, le Napoléon, le Ville-de-Lyon, l'Austerlitz, le Fontenoy, le Breslaw, l'Hermione, l'Yonne, la Marne, le Dugay-Trouin et le Tilsitt. 
500 hommes sont détenus à l'hôpital de Brest. À la fin du mois d'août 1871, 25 000 hommes sont internés sur les pontons de l'Atlantique à Cherbourg, Brest, Lorient, Rochefort, l'île d'Aix, l'île d'Oléron et Toulon. 
Les chefs d'inculpation étaient : « aide apportée à la constitution à une société de résistance, cris séditieux, pour avoir servi la Commune, délit de Presse, critique la religion, homme de désordre ... ». 

Sources :
 
Lettres retenues ..., Virginie Buisson, 2001, Le Cherche-Midi éd. 
Des pontons de France à la Nouvelle-Calédonie avec les insurgés de la Commune, Revue Maritime, n° 140, janvier 1958. 
Déportés et forçats de la Commune, de Belleville à Nouméa, Roger Perennès, Ouest Éditions, 1991 (épuisé).

NDLR : Il serait certainement très intéressant de pouvoir consulter le dossier judiciaire de l'époque (aux Archives nationales) afin de connaître la raison de cette déportation de Pierre VIGINET, la date de son départ et sûrement de plus amples informations. 

Le petit Viginet, n°8, février 2005

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3 mars 2007 6 03 /03 /mars /2007 16:20

Une vue partielle du manoir (Gérald Vigineix).

 

UN PEU D'HISTOIRE

Le manoir de Vigineix (Viginet, Vigenet...) est un domaine sei­gneurial de la paroisse de Saint-Nectaire en Auvergne (maintenant dans le département du Puy-de-Dôme) situé à 8 lieues de Clermont-Ferrand et à 10 lieues de La Tour-d'Auvergne. Manoir et domaine dépendaient de la puissante famille de Saint-Nectaire, représentée au début du XVIIe siècle par Henri de Saint-Nectaire, marquis de La Ferté, ambassadeur, ministre et maréchal de camp. Avant 1645, manoir et domaine appartiennent à Gaspard de La Rechardie d'Aulhiat. Le 29 juin 1645, ce dernier les vend à Benoît de Broë, noble de robe, conseiller du roi, président de l'élection de Clermont. Par deux acquisitions à des paysans voisins, en mars 1647 et juillet 1648, Benoît de Broë agrandit les terres agricoles de 35 cartonnées, soit environ 2,5 hectares, qui s'ajoutent au domai­ne de Vigineix, dont on ignore la superficie initiale. Durant le troi­sième trimestre de 1648, vraisemblablement, Michel Baraduc, marchand clermontois et sa femme Claude Reparon soeur (leur mariage date de 1646-1647), fille d'un maître serrurier de Montferrand, abandonnent la vie urbaine pour aller régir le domaine de Vigineix.

En 1650, Benoît de Broë a cherché à céder Vigineix et a trouvé acquéreur en la personne du frère de Michel Baraduc, c'est-à-dire Pierre Baraduc, marchand d'Auvergne en Espagne et bourgeois de Bayonne, où il fait fortune. Au lieu de devenir seigneur de La Tour-d'Auvergne, son lieu de naissance (7 février 1604), Pierre Baraduc [fils de feu Pierre Baraduc et de Françoise Redonchal], deviendra seigneur de Vigineix.

Le 19 juillet 1650, le notaire clermontois Gorce établit le contrat de vente de la « maison noble » et du domaine de Vigineix : « Noble Benoid Broë ... vand, cedde, quitte, remet et transporte dès maintenant et pour toujours ... à honorable homme Pierre Baraduc, marchand originaire de la ville de La Tour-d'Auvergne, demeurant à présent en la ville de Madrid en Espagne et à ses hoirs successeurs et ayans droit cy present stippullant et acceptant pour luy et ses­dicts hoirs, à sçavoir le lieu noble et domaine de Viginet, concistant en maison, grange, aultres bastiments, boix pour parcage, terres, fermes et vaccantes, deppandances et appartenances. » Font partie de la cession « tous les bestiaux de quelque nature qu'ils soyent... les meubles et ustencilles de maison dont ledict lieu est à présant garny » ainsi que les terres que Benoît de Broë a achetées en 1647-1648. Il en coûtera 4 093 livres à Pierre Baraduc pour les biens immobiliers et 207 livres pour les bestiaux et meubles. L'acquéreur fait le voyage de Madrid à Clermont-Ferrand et paie, sur le champ, un acompte de 1 000 livres « en pistolles d'Espaigne au poid et prix de l'ordonnance bien comptées et nombrées ». Un mois plus tard, Pierre Baraduc transmet par les soins de sa s?ur Anna, une lettre de change (15 août) de Bayonne, de la valeur de 3 000 livres « tirée par sieur Jacques Cathalan sur le sieur Delaforcade, marchant à Lion (Lyon) pour valleur receue dudict Jacques Cathalan sur le sieur Broë ou à son ordre, dans tous le mois de septembre ». Les 300 livres qu'il doit encore payer par Pierre Baraduc à Jehan de Broë, fils du vendeur lors du « voyage qu'il faict audict royaume d'Espagne » en octobre de la même année.

Dans un site au charme austère, le manoir tel qu'il est aujour­d'hui ne donne qu'une idée approchante de ce qu'il pouvait être au XVIIe siècle : batisse massive, assise sur un replat de versant de la vallée du Fredet, à peu de distance du village de Saint-Nectaire-le-­Bas, et pas trop éloigné de Saint-Nectaire-le-Haut en empruntant par la montagne le « chemin du Viginet ». Un dolmen est proche, ainsi qu'une source pétrifiante. Il ne faut pas oublier la proximité des quatre principales sources thermales de Saint-Nectaire-le-Bas dont les eaux de l'une, volcanisme oblige, jaillissent à 56°. Dans la clairière d'une belle chênaie, en arrière d'un sobre corps de logis dont la façade principale offre pour tout décor le gris volcanique des moellons encadrant les baies et des pierres de chéneaux en encor­bellement. Bouclé au nord par le chemin du Viginet, et à une alti­tude moyenne de 747 mètres, le domaine est représenté par une grande prairie en pente entourée de bois, adossée au Puy de Mazeyres, regardant en face le Puy d'Eraigne. Au sud-ouest on aperçoit le château de Murol et la courbe des Monts Dore.

À peine Pierre Baraduc avait-il payé l'achat de Vigineix, à l'au­tomne 1650, fort de son implantation intra et extra-muros de Bayonne, qu'il marqua un certain désintérêt pour l'Auvergne. Pour comprendre son revirement, il faut évoquer qu'il fut victime d'un des archaïsmes juridiques les plus redoutés des acquéreurs de sei­gneuries de modeste extraction, jusqu'à la Révolution, c'est le retrait féodal, autrement dit, la faculté pour le seigneur de ban supérieur d'exercer sa suzeraineté en « retrayant » les terres ven­dues par un vassal à un acheteur indésirable. Il lui suffisait pour cela de dénoncer la transaction dans les plus brefs délais et de rem­bourser l'évincé denier par denier. Le domaine de Vigineix dépen­dait de la puissante famille de Saint-Nectaire. Cette glorieuse famil­le habitait un château, dont il ne reste actuellement aucune trace, sur le mont Cornadore (qui signifie « réservoir des eaux »), qui porte tout Saint-Nectaire-le-Haut. À la fin du XVIe siècle, la princi­pale illustration de cette famille, fut une femme : Madeleine de Saint-Nectaire. Veuve de bonne heure, jeune, belle et vertueuse, toujours suivie de soixante hommes d'armes à cheval, elle prend parti pour les protestants dans les guerres de religion, bat le lieute­nant du roi en Haute-Auvergne et finit par le tuer de sa propre main. « Ventre Saint-Gris ! s'exclama le futur Henri IV en apprenant ce fait d'armes, si je n'étais pas Henri, je voudrais être Madeleine de Saint-Nectaire ! ».

Au milieu du XVIIe siècle, cette puissante famille dont dépendait Vigineix, était représentée par Henri de Saint-Nectaire, marquis de La Ferté, cependant, ce dernier ne semble pas avoir exercé son pouvoir de retrait pour recouvrer personnellement le domaine, mais, pratique parfaitement admise, pour le céder à un tiers, son propre juge-châtelain. Ce dernier, Jean Garnaud, habitait Cheynat, paroisse de Ludesse et était aussi bailli de Plauzat et de Neschers. Cela a permis à sa fille Françoise d'apporter, le 2 mars 1653, à son futur époux François Marc de La Salle, sieur de Saint-Mary (Saint-Mary-le-Plain dans le Cantal), les droits sur le domaine de Vigineix que son père avait obtenus. Il restait aux nouveaux seigneurs de Vigineix à en prendre possession effective. Pierre Baraduc a d'abord cherché à conserver le domaine, et son ­frère Michel a continué à occuper les lieux. En attendant que le sénéchal prononce l'exécution du retrait, les époux de La Salle ont consigné la somme à restituer entre les mains d'un homme connu et estimé des deux parties, l'ancien propriétaire, Benoît de Broë, ceci pour satisfaire aux exigences de la coutume d'Auvergne. Il suffisait ensuite, aux uns et aux autres, d'attendre que la justice décide.

En 1658, Michel Baraduc est sommé de quitter les terres de Vigineix et en 1662, le manoir et le domaine de Vigineix, appartiennent définitivement à « François Marc de La Salle de Sainct-Mary, escuier ».

Gérald Vigineix

LES DIFFÉRENTS PROPRIÉTAIRES DU DOMAINE DU VIGINET

Gaspard de La Rechardie de Besse était seigneur de Viginet vers 1640.

Benoît de Broë, vice-président en l'élection de Clermont acquit Viginet par acte reçu chez Me Martin notaire à Clermont le 29 juin 1645.

Pierre Baraduc lui achète le fief le 19 juillet 1650 chez Me Gorce notaire à Clermont.

François Marc de La Salle, écuyer, acquit par retrait féodal le fief de Viginet vers 1655. Il avait épousé Françoise Garnaud le 2 mars 1653.

Dont : François de La Salle, écuyer, seigneur de Viginet, marié le 17 février 1691 avec Isabelle de Vaux.

Le fils aîné fut : François Marc de La Salle, écuyer, seigneur de Viginet, célibataire, décédé à Viginet le 15 janvier 1763, après avoir fait donation de ses biens à son neveu Jean Alexis de La Salle.

Jean Alexis de La Salle, écuyer, seigneur de Viginet, mous­quetaire dans la 1re compagnie de la garde du roi, marié à Ludesse le 22 août 1763 à Marguerite de Roquelaure, née au château d'Artaud le 21 juillet 1751, baptisée le lendemain à Saint-Germain­-sous-Usson [fille de Louis de Roquelaure, écuyer, seigneur de Laval et d'Artaud et de Marguerite Garnaud de Gourdon].

Dix enfants dont : Jean Baptiste François de La Salle, écuyer, dit seigneur de Viginet, né et baptisé à Ludesse le 23 août 1775, marié à Clermont, le 2 messidor an IX, à Marie Hippolyte Rodde de Chalaniat, née le 2 et baptisée le 20 juillet 1780 à Clermont [fille d'Annet Rodde de Chalaniat et de Marie Dauphin], décès en 1848 au château de Gondole. Sans postérité. 

Il est probable que Jean Baptiste François de La Salle ne fut en réalité jamais seigneur de Viginet, son père ayant cédé ce fief en 1788 ou 1789.

Louis de Paneveyre, écuyer, seigneur de Viginet et en partie de Ternant, garde du corps du roi Stanislas de Pologne, prit sa retraite en 1757, comme lieutenant de cavalerie, décédé en 1805. Il avait épousé à Ternant le 20 novembre 1759, Nathanaelle de Belvezer de Jonchères [fille de Philibert de Belvezer de Jonchères, écuyer, et de Marguerite du Lac].

Quatre enfants dont : Michel Guillaume Amable de Paneveyre, écuyer, seigneur de Viginet, qui fut convoqué aux assemblées de la noblesse tenues à Riom en 1789. Il avait épousé à Neschers le 28 novembre 1780, Marie Amable Claudine Ravel de Montoron, damoiselle [fille de Paul Ravel de Montoron, ancien capitaine au régiment de Bresse infanterie, chevalier de Saint-­Louis, et de Marie Madeleine de Fay].

Quatre enfants dont : Maurice Guillaume de Panevère, écuyer, seigneur de Viginet, né vers 1786, décédé à Viginet le 20 novembre 1853, marié le 2S février 1805 à Françoise Antoinette Marie (dite Anastasie) du Ligondès, née le 22 avril 1784, baptisée à Saint-Diéry le lendemain, décédée à Ternant le 2 décembre 1856 [fille de Georges, marquis du Ligondès, officier au régiment de Royal-Roussillon cavalerie, chevalier de Saint-Louis, et de Charlotte d'Oradour].

Dont : Joseph Etienne de Paneveyre de Vigineix, né à Ternant le 17 juillet 1808, commandant de cavalerie, décédé le 27 février 1887 à Viginet. Il avait épousé Louise Aubague.

Dont une fille unique : Antoinette Marie de Paneveyre de Viginet, née à Ternant le 29 septembre 1858. Elle épousa à Saint-­Nectaire le 30 avril 1875, François Louis Marie Thibaud, né à Clermont le 9 janvier 1841, docteur en médecine, ophtalmologiste, professeur à l'école de Médecine de Clermont [fils de Jean Thibaud, propriétaire aux Roches (Chamalières) et de Marie Baraduc]. Jean Thibaud appartient à la famille des célèbres imprimeurs clermon­tois Thibaud-Landriot. Le couple vit et procrée à Viginet.

Quatre enfants au moins y naissent entre 1876 et 1889.

Marie Émilie Virginie Blanche Thibaud, leur fille est pro­priétaire de Viginet à partir de 1923, et l'exploite comme pension de famille. Elle meurt avant 1947, date où le cadastre mentionne comme propriétaires de Viginet : « les héritiers de M-E-V-B Thibaud ».

En 1955, Mlle Solange Bouchut, ancienne grossiste en fruits à Beaumont, achète Viginet pour en faire un établissement hôtelier. Le tribunal de commerce prononce sa faillite le 20 janvier 1967.

Adolphe Guy Jacques Barthélemy Septier de Rigny, achète Viginet en 1973 et transforme le manoir en pension pour enfants Les Hirondelles.

Cette activité para-hôtelière ne semble pas avoir répondu à ses attentes et après avoir essayé de diversifier ses activités, en 1996, il cède Viginet pour 1,8 million de francs à 1'« ordre des Rose­-Croix » qui en fait le « domaine rosicrucien de l'enfance et des loi­sirs ».   

Raymond Bogros, septembre 2002

Sources :

Grand dictionnaire historique du département du Puy-de-Dôme, Ambroise Tardieu, 1877.

Histoire de la maison de Bosredon, Ambroise Tardieu, 1863.

Dictionnaire des fiefs de la Basse-Auvergne, comte de Remacle.

Sur les traces de Pierre et Michel Baraduc, marchands d'Auvergne et bourgeois de Bayonne, XVIIe siècle, Enquête généalogico-historique, Raymond Bogros, 1990.

Le petit Viginet, n°3, février 2004

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2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 20:43

Il est né au village de Chastres, Saint-Pierre-Colamine (Puy-de-Dôme), le 29 juin 1879, à 2 heures du matin [fils de Guillaume VIGINEIX, cultivateur, âgé de 27 ans, et de Marie (Henriette) BERTHELAGE, âgée de 29 ans]. Les témoins de cette naissance sont : Jean CHAMERLIN, 32 ans et Antoine JURY, 37 ans, tous deux cultivateurs à Chastres.

Celui-ci, avec ses parents (accompagnés de ses grands-­parents), prendra le chemin de l'exil, comme nombre d'Auvergnats en cette fin du XIXe siècle, vers la capitale, mais la halte sera l'Eure-et-Loir (Auneau plus précisé­ment, 25 kilomètres au nord-est de Chartres). En ce lieu d'autres frères et soeur naîtront, dont il sera l'aîné : Henri Albert, Raymond Lucien et Léontine.

Ces parents Guillaume et Marie (Henriette) décèdent à peine un an avant lui, respectivement le 15 août et le 25 septembre 1916.

Comme employé de commerce, plutôt brocanteur, marchand de peaux et chiffons (ainsi que boucher sur sa fiche militaire), il rencontre sa future épouse, dans la cam­pagne beauceronne à Hadonville, petit hameau de Denonville, Juline Eugénie MULOT et se marie le 2 octobre 1909. Deux enfants naîtront : Juliette et Gaston Gilbert, que malheureusement la guerre rendra orphelins.

Son dossier matricule apporte les renseignements suivants :   

- cheveux et sourcils chatains,

- yeux bleus et front dégagé,

- nez ordinaire et bouche moyenne,

- menton rond et visage plein,

- taille 1,60 mètre.

Au service militaire le 16 novembre 1900 pour le 117e régiment d'Infanterie, arrivé au corps soldat de 2e classe le dit jour, n° matricule 2369, passé dans la disponibilité de l'armée active le 8 avril 1902, étant devenu dispensé, article 21, frère au service. Certificat de bonne conduite accordé. Pour réserve active le 1er novembre 1903.

Mobilisé et arrivé au corps (30e régiment d'Infanterie) en août 1914, passé à la 4e section de commis et ouvriers le 25 mars 1915, puis au 104e régiment d'Infanterie le 20 décembre 1915, puis au 324e régiment d'Infanterie le 11 mars 1916, évacué malade le 16 décembre 1916 (pieds gelés). Rentré à son unité le 30 mars 1917, blessé le 24 mai 1917, au Mont-Haut, Moronvilliers, près de Mourmelon­-le-Petit (Marne) (fracture du crâne [fracture de l'humé­rus] et plaie au pied droit par éclat d'obus). Une trépana­tion a été nécessaire, hélas, sans espoir de survie. [Dans ce trou d'obus, où deux soldats prenaient place, son collègue fut tué par le projectile.] Il décèdera à Mourmelon-le-Petit, le 27 mai 1917, à 5 h 45, des suites de la fracture du crâne.

La transcription de l'acte de décès dans la ville de son domicile (Auneau, Eure-et-Loir) donne comme témoins : Augustin Nicolas LORDART, officier d'administration de 1re classe, gestionnaire de l'ambulance 2/72, officier de l'état civil, sur la déclaration de Jean BOUCHON, médecin aide-major de 1re classe, de l'ambulance 2/72.

Suite à la citation « Soldat remarquable par son coura­ge et son dévouement. Blessé grièvement à son poste de combat. Mort des suites de ses blessures, le 27 mai 1917 » du 6 novembre 1920, il recevra la médaille militaire ainsi que deux autres décorations.

Sa sépulture, dans le cimetière Saint-Rémy d'Auneau, fait presque face au monument aux morts de la commune où son nom est gravé.

Juline Eugénie MULOT devait lui survivre jusqu'en 1970, restée seule, elle élèvera ses deux enfants, Juliette, âgée de 7 ans et Gaston Gilbert, âgé de 3 ans, après le décès de leur père.

[Les ajouts entre crochets sont de la rédaction.]

Ce petit texte tente de rendre un hommage à mon grand-père ainsi qu'à ma grand-mère (Jean-Pierre Vigineix)

Le petit Viginet, n°2, décembre 2003

 

 

Compléments au bulletin Le petit Viginet, n° 2, décembre 2003

... puis au 324e régiment d'Infanterie le 11 mars 1916, évacué malade le 16 décembre 1916 (pieds gelés). Rentré à son unité le 30 mars 1917, blessé le 24 mai 1917, au Mont-Haut...

Voici ce que l'on trouve dans l'Historique du 324e régiment d'Infanterie (Service historique de l'Armée de terre) pour ce régiment et cette période :

« Le 13 août, elle prit (la 72e division d'Infanterie) un secteur et le 324e monta en ligne dans la sous-zône de Bus devant Beuvraignes (Oise).

Il quitta ces positions le 29 novembre pour occuper le 13 décembre le sous-secteur du Pressoire (Somme).

La région du Pressoire, qui venait d'être reprise à l'ennemi, avait été littéralement retournée par notre artillerie lourde. Boyaux et tranchées n'existaient pour ainsi dire plus, la pluie les avait transformés en cloaques de boue et la circulation ne se faisait qu'aux prix d'efforts inouïs. Les travaux d'aménagement furent activement poussés, et, grâce à un travail continu, le secteur était habitable lorsque le régiment le quit­ta le 11 janvier 1917. »

Région du Pressoire ... pieds gelés.

« Le 324e revoyait la région de Verdun. Le 21 janvier, il prenait position dans les quartiers de Moulainville et Chena. Porté le 31 janvier à l'effectif de 16 compagnies par l'adjonction d'un bataillon provenant de la dissolution du 362e, il étendit son front le 1er mars et occupa en plus le quartier de Châtillon. A la date du 21 mars, le 324e devint garnison de la sous-zône des Blusses, puis, relevé dans la nuit du 3 au 4 mai, il gagna la région de Condé­-sur-Aire, assignée comme zône de concentation à la 72e division.

Là, cette division fut constituée sur le type de 9 bataillons et comprit les 164e, 324e et 365e régiments. L'état-major de la 143e brigade (colo­nel Bataille) devint l'état-major de l'Infanterie divisionnaire et celui de la 144e brigade, à la tête duquel lc colonel Ancel avait remplacé le 18 décembre 1916 le colonel Cledat de La Vigerie, fut dissous.

La 72e division mise à la disposition de la 4e armée (général Anthoine) est passée au 17e corps (général Dumas) arriva dans la région de Mourmelon le 8 mai et dès lors fut placée en réserve d'armée.

Le 12, elle montait en ligne avec une mission offensive : il s'agissait d'enlever à l'ennemi toute vue, même précaire, sur le revers méridional du massif de Moronvilliers et nous assurer la libre disposition des obser­vatoires du même massif.

L'attaque eut lieu le 20 mai, le 324e tenait le col de la Fosse Froide. Entre le 164e à gauche qui s'empara sur le Mont-Haut de la Cage à Poules, et le 117e à droite (division voisine) dont l'objectif était le Bois du Casque, il veilla à l'intégrité du front et assura, par des détachements qui accompagnaient les troupes d'assaut, les liaisons latérales. Le soir, 121 prisonniers, parmi lesquels 2 officiers d'infanterie, 1 d'artillerie et 1 médecin furent dénombrés au poste de commandement du lieutenant-­colonel Bureau. La division avait fait un total d'environ 700 prisonniers dont 15 officiers. Elle avait atteint ses objectifs. » ...

Dans un ordre du jour, le général Ferrandini pouvait écrire à ses troupes :

« Pendant l'attaque du 20 mai, pendant les dures journées qui ont suivi, les 164e, 324e ct 365e on montré un élan, un courage, une téna­cité qui ont fait l'admiration de tous. »

Jean VIGINEIX blessé ce 24 mai 1917, fracture du crâne et plaie au pied droit... décède le 27 mai 1917.

Le petit Viginet, n°12, novembre 2005

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Jean-Pierre Vigineix - dans Guerre 1914-1918
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