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26 septembre 2007 3 26 /09 /septembre /2007 06:44
Onomastique
 
ADMlRAT
 
Admirat vient d'admirer, en auvergnat : amirà.
Du côté de Saint-Flour amiradà : premier jet du lait de la traite.
Gérald Vigineix
Le petit Viginet, n°18, février 2007
 
Patronyme fréquent dans le Puy-de-Dôme ainsi que dans le Lot-et-Garonne. C'est un nom de personne d'origine germanique, Amalhard (amal = laborieux, zélé selon M.T. Morlet + hard = dur). Variante : Amblar.
Jean Tosti
http://www.jeantosti.com/noms/a.htm
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Jean-Pierre Vigineix - dans Onomastique
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28 février 2007 3 28 /02 /février /2007 10:02

D'où vient notre nom :

A priori, il s'agit d'un toponyme devenu patronyme.

En effet, à Saint-Nectaire-le-Bas, à 740 m d'altitude, au pied du Puy de Mazeyres (914 m) et du Pisuissy (910 m), en face du Puy d'Eraigne (925 m), se trouve le lieu-dit VIGINET, dont l'orthographe a varié selon les époques et l'humeur des scripteurs ? Ainsi on a surtout relevé deux gra­phies principales : VIGINEIX et VIGINET.

Quant au patronyme, dans le Clermontois son orthographe est encore plus fantaisiste : VIGINET, VIGINEIX, VIGENEIX, VIGINAIX, VIGlNÉ, VIGINEL(S), voire même, une déformation encore plus prononcée de la racine originelle : VIGINIOL, VIGIGNOL, VISIGNOL. Écrite évidemment à la plume d'oie, la trace la plus ancienne à notre connaissance date de 1553; en paléographe amateur, je suis tenté de l'interprêter par VEZI­NET ... ou par VEGINET.

Toponyme ou patronyme, lorsque la terminaison est EIX, celle-ci provient généralement d'une toquade des moines copistes, traduisant la fin d'un mot au pluriel par X au lieu de S, et en particulier quant le mot se termine par la lettre L (exemple : le mot cheval donnait au pluriel che­vals, ensuite écrit chevax et déformé en chevaux).

Si l'on retient les trois orthographes principales, de la plus ancienne à la plus récente : VEZINET, VIGINET et VIGINEIX, plusieurs traduc­tions sont néanmoins envisageables.

A. OSIER : Dans le Clermontois, l'osier ou le saule à osier se dit Vije, ou Vijeî, l'osier de vanniers se dit Vizi ; les brins d'osier : Vourzinà. L'osier naissant se dit Vije neisse. Mais, il y a plusieurs siècles, y avait-il près du lieu VIGINET, des saules ou une oseraie ? Certes le torrent Le Ferdet coule à 300 m de là, propice à la croissance d'osiers.

B. GENÊT : Dans le Clermontois et dans les différentes parties de l'Auvergne, on rencontre les mots suivants pour désigner le genêt : Jenier, Jeneî, Jinier, Jineî, Jiné, Jinès. Genêt pris comme nom de lieu est d'abord précédé comme tous les noms de lieu en Auvergne par «Va » (sans indication de direction ou de mouvement) ou par «Vé, Voé »  (marquant la direction ou le mouvement - similaire au « to » anglais). Voé Jineî = Vé Jineî = vers les genêts.

C. CAMP : En Auvergnat, les mots Groupe, Regroupement, Camp (de regroupement) se disent : Vijaneir, Vijanei, Vijanè, et au pluriel Vijanaz. Le lieu VIGINET est-il la survivance de l'emplacement d'un camp gaulois, ou d'un camp romain pouvant surveiller voire couper la route de l'entrée sud du petit Défilé du Ferdet conduisant à Saint-Nectaire-le-Haut (avant-poste probablement fortifié du château de Murol), ou conduisant de façon plus proche au Dolmen (situé à 300 m de VIGINET), lieu de réunion ou de regroupement à caractère religieux voire sacrificiel.

D. VINGT : Lieu de regroupement pour les gaulois VIGINET a sûre­ment été aussi un camp de légionnaires romains férus des thermes toutes proches. Or y a-t-il eu confusion ou amalgame dus au bilinguisme à l'époque de la conquête de la Gaule, entre le mot celte ou gaulois Vijanei et le bas latin Vigenus (déformation limitée dans le temps de Vicenus, Vingtième). En effet, VIGINET pouvait être le lieu de regroupe­ment et d'exécution des prisonniers et otages gaulois, subissant la loi romaine du vingtième (exécution d'une personne sur vingt), ou, ce lieu était-il celui où l'on versait l'impôt romain (toujours la loi du vingtième), c'est-à-dire le vingtième des revenus ou des récoltes. Plus tard, une fois les Romains partis, VIGENUS, « l'idée de vingt » s'est poursuivie, pour désigner les terres avoisinantes, qui s'étendaient jusqu'au pied de l'égli­se de Saint-Nectaire (chemin de Viginet) et qui étaient labourées en vingt jours à l'aide d'une paire de bœufs (la journée de labour était autrefois une unité de mesure).

Un choix s'offre donc à nous, porteur du patronyme VIGINET, VIGINEIX :

Vije neisse = lieu où poussent les osiers.

Vé Jineî = lieu où poussent les genêts.

Vijanei = lieu ou camp de regroupement (religieux, sacrificiel, exé­cutoire ou fiscal).

Vigenus = lieu dominé par l'idée de Vingt ou de Vingtième.

Cependant la liste des traductions n'est pas exhaustive, peut-être, qu'un de nos lecteurs parlant encore l'auvergnat ou ayant la chance de posséder un dictionnaire Auvergnat-Français, aura la possibilité d'ap­porter de l'eau à notre moulin.

En tous cas, après avoir traversé les siècles, si par hasard notre patronyme venait à disparaître, nous avons au moins l'assurance que le toponyme, lui, est éternel.  

Gérald VIGINEIX

Le petit Viginet, n°1, septembre 2003

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