DÉCOUVERT DANS UN LIVRE
Le texte qui suit, écrit vers 1945-1947, est extrait de Maintenon, Mémoires croisées d'hier et d'aujourd'hui et concerne le couple Henri Albert
Vigineix-Léonie Berthe Hurot (dont nous avons publié la photographie de mariage dans Le petit Viginet, n° 6, septembre 2004).
…
En face de cette épicerie, c'était un autre commerce un peu spécial ; M. et Mme Vigineix, marchands de ferrailles et de peaux de lapins.
Beaucoup de peaux retournées et garnies de paille séchaient là, pendues sous un hangar près de la rue. Il faut dire que le lapin était très consommé à cette
époque. Beaucoup de gens en élevaient pour leur consommation. Inutile de dire qu'en été, cet étalage ne sentait pas bien bon. Quant aux mouches, n'en parlons pas ...
La ferraille était surtout constituée de déchets liés à l'agriculture du moment. Des tas de moyeux de voitures à cheval étaient dressés le long de la maison
d'habitation. Quelques vieilles voitures automobiles finissaient de rouiller sous les hangars. Il existait aussi une annexe, un peu plus bas dans le faubourg. Nous aimions aller jouer dans cet
amas du passé, bien entendu en cachette du propriétaire. De vieux sabres, de vieux fusils, un régal de gamins.
À propos de cette maison Vigineix, voici une anecdote; dans la rue coulait un tuyau qui venait d'un lavabo ou d'une cuisine.
L'écoulement se faisait dans le caniveau sur la rue. En jouant aux billes près de cet écoulement, nous avons trouvé deux pièces brillantes, des
« Napoléon », de l'or.
...
La rédaction remercie sincèrement Mme Nicole Proust,
pour la découverte de ce texte et de cet envoi.
Le petit Viginet, n°20, juin
2007